mardi 19 juillet 2011

L’Europe doit décriminaliser le cannabis

En France on compte environ 4 à 5 millions de consommateurs occasionnels et 500.000 à 1 million de consommateurs fréquents. 60% des jeunes déclarent avoir essayés et 40% d’entre eux l’avoir fait parce que c’est interdit.

C’est donc bien un phénomène de société. Il faut l’observer, l’analyser, le comprendre, s’adapter, l’encadrer et si il le faut le contrôler mais certainement pas l’interdire. La prohibition n’a jamais marché.
Les enjeux sont à la fois sanitaires, économiques, politiques, culturels et philosophiques. Pourtant, les Etats de l’Union Européenne n’ont pas encore réfléchi à une politique commune : de prévention, d’encadrement de la consommation et encore moins de contrôle de la distribution.

Mais si l’on veut faire une analyse complète et formuler les bonnes réponses on ne peut continuer plus longtemps à ignorer les causes majeures de l’immobilisme actuel. Le trafic de cannabis est une économie globale majeure, évaluée par l’ONU à plus de 142 milliards de dollars. Certains pays comme le Mexique ou le Maroc dépendent tout autant du trafic de drogues que du tourisme ou de l’agriculture. En Europe le trafic de drogues c’est emparé des quartiers défavorisés, des « banlieues ». En France, il est devenu le « business » des cités. Les classes aisées et moyennes consomment et les classes défavorisées trafiquent. Ce trafic qui est évalué à plusieurs centaines de millions d’euros maintien sous perfusion nos cités. Nos grandes malades des temps modernes. On injecte l’argent sale, là où les pouvoirs publics ont décidés de ne plus investir. On ne contrôle plus ces quartiers qui sont laissés à la dérive après avoir retiré la police de proximité et constaté l’échec de la répression spectacle de Monsieur Sarkozy comme Ministre de l’Intérieur et comme Président de la République. On peut se poser la question du pourquoi les jeunes des cités devraient faire des études et travailler ? En trafiquant ils peuvent s’acheter « des fringues de marques et rouler en Porche Cayenne ». La République ne leur offre comme perspective, dans le meilleur des cas, des métiers non qualifiés, non valorisés par la société et que personne ne veut et dans le pire des cas le chômage ou le RMI.

Il faut donc rapidement décriminaliser l’usage du cannabis comme le préconise le syndicat de la magistrature. Cependant nous sommes nombreux à penser que l’Etat doit contrôler la vente et l’organiser. Légaliser la vente et la consommation ne veut pas dire dépénaliser. Il faut éradiquer le trafic en contrôlant la production et en fixant les prix. Nous devons aussi accentuer la prévention comme nous le faisons pour le tabac et l’alcool pour en limiter la consommation et éviter l’accoutumance.

En parallèle il faudra répondre à la détresse des cités, si nous ne voulons pas qu’elles se tournent vers d’autres trafics mafieux : grand banditisme, cocaïne, racket, prostitution, etc. Nous devrons immédiatement investir massivement pour relancer les structures éducatives, la police de proximité, créer des emploies qualifiés, mais aussi et surtout faire respecter les règles de la République. Réinjectons dans les cités l’argent dépensé inutilement dans prohibition et taxons la vente.

L’Europe elle aussi doit être un acteur de cohésion. Elle doit prendre l’initiative et homogénéiser et imposer des politiques communes : de préventions, de contrôle et de vente. Si elle ne le fait nous déplacerons les problèmes d’un pays vers un autre. L’Europe, les Etats, les politiques doivent s’adapter et montre qu’ils ont compris le phénomène. S’ils ne le font pas ils s’éloigneront encore un peu plus des citoyens européens qui chaque jour seront un peu plus des « Europeos indignados ».

samedi 26 février 2011

Quel avenir pour les pays sud-méditerranéens?

Il ne fait plus aucun doute que nous vivons un instant historique comme le fut la révolution française, la libération de l’oppression nazie ou la chute du mur de Berlin. Un vent de liberté souffle sur les pays sud-méditerranéens.

Mais, il est choquant de constater que nous sommes spectateurs. Nous n’avons pas aidé les peuples à se soulever. Nous n’avons rien anticipé ni préparé. Quel est notre vision, notre plan de soutien pour aider dans le futur le Maghreb et le Moyen Orient? Il existe un vide politique, philosophique, culturel. L’UE envisage des sanctions pour la Libye et travaille sur le financement de l’accueil des réfugiés qui affluent des pays libérés. L’ONU exclu l’ambassadeur de Libye et s’émeut de la situation. L’OTAN réfléchie. Notre position passive et bienveillante, depuis des décennies, face aux régimes dictatoriaux, autocratiques, non démocratiques de ces pays nous a amené à « omettre » de travailler sur une possible transition. Aucun plan de soutien pour construire une démocratie durable régionale n’existe.
Qu’elle est et qu’elle doit être la position de la France, de l'Europe? Que se serait-il passé si le général De Gaulle n’avait pas anticipé la « France Libre » et si Helmut Koll et François Mitterrand n’avaient pas réagi immédiatement pour réunifier l’Allemagne et ouvrir l’Europe. Les Américains auraient installé leur puissance politique, militaire et économique au détriment de certaines libertés nationale et européennes. Aujourd’hui doivent émerger les grands hommes qui seront le symbole de cette transition. Dénoncer les dictateurs déchus ou sur le point de tomber, tout le monde le fait. Soutenir les peuples qui se soulèvent pour défendre leurs libertés, c'est un minimum. Pourquoi ne l’a-t-on pas fait avant ? Il a fallu attendre des centaines de morts en Libye, pour qu’Obama et nos dirigeants Européens critiquent ouvertement le raïs Kadhafi. Il y encore quelques mois il était reçu avec faste pour signer des contrats d’armement et d’équipement. Il fallait choisir entre défense des libertés des peuples et sources d’approvisionnements énergétiques. Entre diplomatie aveugle et démocratie ? Entre économie de marché et défense des droits de l’homme. Malheureusement l’histoire nous montrera que nous les occidentaux, défendeurs des libertés, nous avons laissé en place des tyrans pour notre stabilité et notre bien être.
Mais à cet instant précis de l’histoire, le plus grave, c’est qu’il n’existe aucune projection d’aucun parti politique ni en France ni ailleurs pour créer l’espoir et stabiliser cette partie du monde. L’attentisme est de rigueur : il ne faut pas froisser les dictateurs non encore déchus, il ne faut pas anticiper au risque de se tromper, il ne faut pas intervenir parce que notre histoire coloniale est encore trop présente dans les esprits, il ne faut pas mettre en péril nos économies en risquant de déstabiliser nos approvisionnements énergétiques. Quelle hypocrisie, quel déni politique. Les peuples libérés ont toujours eut besoin d’aide et de leader. Les philosophes avaient pensé la révolution et la république française. De Gaulle a incarné la France libre et a pu reconstruire une France indépendante grâce au plan Marshall. Les pays de l'Est avaient comme avenir d'intégrer l'Europe pour mieux vivre et les allemands de l’Est pouvaient rêver de la réunification. Après la chute du mur de Berlin nous savions que sur du long terme nous allions pouvoir stabiliser la zone. Pourtant nous avons laissé se déclencher la guerre des Balkans et certains pays ont encore du mal à défendre leurs libertés.
Les pays du sud de la méditerranée n'ont rien. Aucune perspective, aucun soutien, aucune structure à laquelle se rattacher et vers laquelle se rapprocher.
Il serait criminel de les laisser à la dérive à la recherche d'une liberté non réfléchie. Nous ne déboucherions que sur l'éclosion de régimes religieux, sur des conflits ethniques, sur des guerres régionales et nous ouvririons la voie à l’interventionnisme Américain. L'Europe a un rôle à jouer, la France doit être présente pendant cette transition. Nous ne pouvons pas une fois de plus laisser les Américains choisir et agir. Après l’Irak et l’Afghanistan allons-nous laisser le Moyen orient et le Maghreb devoir choisir entre la surpuissance américaine et l’islamisme intégriste.
Faisons de l’Union Euro Méditerranée, démocratique, libre et laïque une réalité, politique, économique, culturelle. Une union des peuples pour la paix et pour une société plus juste et plus sûre.

lundi 6 septembre 2010

Sommes-nous égaux face à la santé?

Détection et traitement du cancer, soins palliatifs, obésité, prévention et traitement du SIDA, accès aux meilleurs diagnostics et traitements, prix à payer pour les soins, droit de mourir dans la dignité… Comment pouvons-nous réduire les injustices face à la santé ? Quelle politique de santé Européenne voulons-nous?

Dans les enquêtes d'opinion, les citoyens européens placent la santé et la qualité des soins parmi leurs premières préoccupations.
Le domaine de la santé publique relève de la compétence des Etats membres, chaque pays conserve son propre système de santé et de protection sociale. Il est toutefois apparu nécessaire au fil des années que des actions soient menées au niveau communautaire, en complément des politiques nationales.

La santé est un débat de société structurant au même titre que l’éducation, la défense, le social, la monnaie unique… Il ne peut pas y avoir d’Union européenne forte et solidaire sans politique de santé commune.
Afin de bâtir un projet communautaire ambitieux, qui viserait à améliorer le fonctionnement et l’accès de tous à un meilleur système de santé, il nous faut faire un arrêt sur image, connaître l’historique européen et faire un état des lieux de la situation actuelle.

L’ambition d’une harmonisation des systèmes sociaux et de santé n’était pas absente de l’esprit des pères fondateurs de l’union. L'article 42 du Traité de Rome (1958) prévoyait un mécanisme permettant d'assurer aux travailleurs migrants et à leurs ayants droit : "la totalisation, pour l'ouverture et le maintien du droit aux prestations, ainsi que pour le calcul de celles-ci, de toutes périodes prises en considération par les différentes législations nationales, le paiement des prestations aux personnes résidant sur les territoires des Etats membres". En application de cet article, le règlement 1408/71 organise le régime juridique applicable aux travailleurs migrants pour assurer la libre circulation de ces derniers et leur garantir un accès aux prestations. Le texte subordonne le remboursement de soins à la délivrance d'une autorisation préalable par l'administration du pays d'affiliation de l'assuré. Cette disposition vise à contrôler les flux de patients au sein des pays de la Communauté. Cet article n’avait pour but que de faciliter, le principe de libre circulation des personnes et de libres prestations des services, condition nécessaire à la réalisation du marché unique. Il a impliqué une nécessaire coordination des systèmes de sécurité sociale au sein de la Communauté. Cette avancée sociale dans le domaine de la santé a été uniquement obtenue dans le but de lever une barrière au développement économique en favorisant la libre circulation des travailleurs européens. Cependant cet article sera le fondement de la politique de Santé Européenne future.

En 1987, la santé fait son entrée dans l'Acte unique européen puis est confirmée dans le Traité de Maastricht en 1992, et développée dans l'article 152 du Traité d'Amsterdam de 1997 qui attribue comme objectif à l'Union européenne "d'améliorer la santé publique, de prévenir les maladies, de favoriser la recherche et d'informer le public". De plus, l’article 137.1 dispose que "la Communauté soutient et complète l’action des Etats membres" en matière de protection sociale. Enfin, l'ensemble des politiques communautaires doit désormais prendre en compte les exigences en matière de santé publique.
En 1999, la Commission et le Conseil soulignent que le fait d'assurer des soins de santé, durables et de qualité, constitue l'un des principaux domaines de la protection sociale dans lesquels un effort concerté de modernisation s’avère nécessaire.

Cependant, le Traité de Nice, en 2001, par l’article 137 alinéa 4, consacre "la faculté reconnue aux Etats membres de définir les principes fondamentaux de leur système de sécurité sociale". Nous nous retrouvons ainsi dans une situation paradoxale, dans laquelle la bonne gestion des systèmes de santé relève de la pleine compétence des Etats Membres, et ce alors que les instances européennes ont consacrés ce domaine comme un terrain, si ce n’est d’intervention, pour le moins de coordination.

En mars 2002, le Conseil européen de Barcelone adopte trois principes fondamentaux pour la réforme des systèmes de soins: l'accessibilité pour tous à une haute qualité des soins, et une viabilité financière à long terme des systèmes nationaux. Il souligne également que tous les systèmes de santé de l'Union européenne reposent sur les principes de solidarité, d'équité et d'universalité. Le conseil de Barcelone lance ainsi le projet de la carte européenne d'assurance maladie, conçue pour remplacer tous les formulaires papier qui prévalaient jusqu’alors dans chaque pays européens.

En avril 2004, La Commission européenne commence à promouvoir une collaboration plus étroite entre les Etats membres en matière de modernisation des systèmes de protection sociale à travers l'UE, en lien notamment avec l'élargissement de l’UE aux 10 nouveaux entrants.

En 2008, le Traité de Lisbonne Article 95 – souligne que « toute personne a le droit d’accéder à la prévention en matière de santé et de bénéficier de soins médicaux dans les conditions établies par les législations et pratiques nationales ». Un niveau élevé de protection de la santé humaine est ainsi assuré dans la définition et la mise en œuvre de toutes les politiques et actions de l’Union, quelque soit le pays de résidence des citoyens européens.

Nous constatons ainsi que malgré une évolution positive au sein des traités et des politiques, le bilan en termes de résultats s’avère pour le moment minimaliste. Les textes prévoient les modalités d’une coopération européenne accrue dans l’objectif d’harmoniser les systèmes de santé autour de principes de qualité et d’égalité d’accès. Or nous en sommes encore loin, principalement du fait des compétences pleines et entières des Etats membres dans ce domaine.

Nous n’avons pas toujours su articuler réponses nationales et solutions européennes alors que, au moins pendant un certain temps, une majorité de pays était gouvernée par des gouvernements de gauche qui érigeaient la santé publique au rang de priorité.

La santé aurait pu être prioritaire et une réelle politique de coopération mise en place au sein de la communauté européenne. Même si il semble y avoir une volonté commune de progresser dans ce domaine afin d’assurer une meilleure protection pour tous, les politiques de santé sont majoritairement resté de la compétence des Etats. Outre quelques aménagements, notamment à l’égard des citoyens se déplaçant dans un autre pays européen, il n’y a, pour l’heure pas eu de volonté politique de bâtir une stratégie commune. Les budgets alloués à la coopération dans le domaine de la santé restent insuffisants pour mettre en place une politique ambitieuse et efficace.

Nous nous limitons à une stratégie européenne de concertation pour faciliter plus avant la circulation des patients et des professionnels, simplifier les procédures et améliorer l'accès aux soins transfrontaliers et la qualité de ceux-ci. Mais nous ne sommes pas encore arrivés à définir et à garantir un certain niveau de soins à dispenser aux patients dans tous les États membres de l'Union quelque soit leur nationalité et leur lieu de résidence.

Le niveau des services de santé ne sont pas les mêmes en Pologne, en Espagne, en France ou en Angleterre. Nous savons tous qu’il existe des disparités de moyens financiers alloués, de capacités d’accueil des infrastructures, de formations, d’expertises…
Les systèmes de santé ne sont en rien comparables. Les structures privées et publiques ne sont pas homogènes d’un pays à un autre, d’une région à une autre, en milieu urbain ou en milieu rural. Le problème de la démographie médicale n’est pas traité à la hauteur des enjeux et les réponses proposées diffèrent d’un pays à l’autre. La répartition territoriale des professionnels de santé et des moyens est inégale.

Les remboursements des soins sont pratiquement illimités dans certains pays et inexistants dans d’autres. A titre d’exemple, nous pouvons attendre plusieurs semaines pour un examen en Espagne dans le secteur public et être reçu immédiatement dans une infrastructure privée. On peut se faire opérer en France et être sur une liste d’attente interminable en Angleterre. Les exemples de disparités sont nombreux et inacceptables.

En Espagne le service public, bien que d’un excellent niveau, est totalement saturé et sous équipé en terme de capacité d’accueil. Le système de Santé « privé» est réservé exclusivement aux bénéficiaires d’une mutuelle privée. La sécurité sociale ne rembourse aucun soin du secteur privé et les mutuelles ne couvrent pas les soins suivis dans le public. Les mutuelles ne sont pas des « complémentaires » mais des substituts. Ceux qui ont les moyens accèdent au secteur privé, les autres ne peuvent y prétendre. L’injustice est flagrante, elle peut être mortelle.

Il y a plusieurs niveaux de couvertures de santé par pays et autant de politiques de santé qu’il y a d’Etat membre dans l’union.

Depuis ces dernières années, le fait de faciliter la circulation des patients a eu pour conséquence de développer le marché du tourisme de santé. Il est devenu lucratif et il s’organise. La santé est devenue un marché concurrentiel. Un allemand va en Hongrie pour ses soins dentaires, un anglais s’il en a les moyens se rend en France pour se faire opérer plus vite. Les exemples sont nombreux. Pour avoir une couverture maximale, au meilleur prix, il faut avoir les moyens de payer, être informé et être mobile. L’injustice est totale. Les moyens financiers couplés au niveau d’information détenus par les patients sont déterminants dans la pratique qu’ils vont avoir des soins médicaux. La santé est traitée comme une marchandise ou il faut garantir le libre échange et promouvoir la concurrence. Pourtant, la Santé n’est cependant pas une marchandise ni un service comme un autre et ne doit pas être considéré comme tel. La santé doit être solidaire, efficace et universelle.

Il ne fait aucun doute que les Européens ne sont pas égaux face à la maladie. Au sein d’un même pays des disparités importantes existent, entre zones urbaines et zones rurales, entre un ouvrier et un cadre supérieur, entre celui qui a une mutuelle et celui qui n’en a pas les moyens,, entre celui qui connait un médecin et celui qui n’a aucun contact avec le monde hospitalier. La liste des injustices est longue. Ne laissons pas de nouvelles injustices apparaitre et essayons de faire disparaître celles qui existent. N’ayons pas peur d’imposer une couverture santé minimale en Europe. Ne laissons pas les Etats céder au secteur privé et à ses divers acteurs (laboratoires pharmaceutiques, fonds de pension détenant les cliniques, lobby industriel…) l’ensemble de la filière santé et osons redonner de manière efficace au secteur public les moyens dont il a besoin pour parfaire ces prérogatives au mieux. Ne laissons pas démanteler les services publics existants. Garantissons une couverture territoriale homogène sur l’ensemble des 27 Etats membres. La prise en charge des soins et des malades doit être une priorité pour l’Europe. Elle doit investir massivement des fonds spécifiques et structurels. Nous devons établir des critères de convergences et faire évoluer la couverture santé vers le haut. Il nous faut défendre un interventionnisme Européen.

Malheureusement, la présidence Espagnole de l’Union européenne (1º semestre 2010) n’a pas permis de grandes avancées, excepté dans le domaine des dons d’organes, et sur la volonté d’établir une nouvelle directive sur la pharmacologie, accompagnée d'un règlement renforçant la transparence, le contrôle et la communication sur la sécurité des médicaments.
La présidence espagnole de l’Union européenne, soucieuse de faire progresser la proposition de Directive sur la mobilité des patients, n’a fait que répondre aux inquiétudes des Etats membres du sud de l’Europe. En effet ces derniers ne souhaitaient pas devoir supporter le coût des soins de santé transfrontaliers de ressortissants d’autres Etats membres venus s’installer au soleil à l’âge de la retraite. En l’occurrence, ce sera à la sécurité sociale française et non à l’institution espagnole de prendre en charge les coûts des soins hospitaliers en France d’un retraité français installé en Espagne. Cet accord ne clarifie et n’améliore en rien les droits des patients. En particulier, il continu à ignorer la situation des patients seuls et âgés, résidants dans un pays européen, souhaitant subir une opération chirurgicale ou suivre un traitement hospitalier à proximité de leur famille en France.

Les Etats membres doivent être en mesure d’écarter tout protectionnisme et de défendre l’idée d’une Europe solidaire. La communauté doit promouvoir et garantir les transferts de moyens (matériels, technologiques et humains) et des savoir-faire. Il doit exister une volonté commune pour assurer le droit à la santé de qualité pour tous les citoyens européens.
Michel Durrieu

dimanche 14 mars 2010

L’UNION POUR LA MEDITERRANEE (UPM) rentre dans sa phase active

« L’Union pour la Méditerranée (UPM) rentre dans sa phase active »

Ahamd Massa’deh (Précédemment Ambassadeur de Jordanie à Bruxelles auprès de l’UE et de l’OTAN), nommé le 27 janvier dernier, premier secrétaire général de l’Union Pour la Méditerranée (UPM) vient de s’installer au siège de Barcelone. Sa prise de fonction officielle a eu lieu, le 04 mars 2010, en présence des chefs de la diplomatie espagnole et française, des Ministres des Affaires Etrangères égyptien, Ahmed Abul Gheit et jordanien Nasser Judeh et du secrétaire général de la ligue Arabe, Amr Moussa.

L’UPM est constituée de 43 pays : 27 pays de l’UE, 12 pays* du processus de Barcelone (seul la Lybie manque à l’appel), Monaco, Croatie, Monténégro, Bosnie-Herzégovine.

Les domaines de compétences prédéfinis sont ambitieux : Environnement, Transports, Energie, Culture, Enseignement Supérieur, Recherche, Développement des entreprises.

Il est important de noter que l’UPM est l’unique forum régional de dialogue politique associant Palestiniens et Israéliens. Elle peut être amenée à jouer un rôle important dans la reprise du dialogue et dans le processus de paix.
Il faudra aussi prendre en compte le positionnement de la Turquie, pays charnière entre l’UE et les pays arabes membres de l’UPM

Le président Sarkosy profite de la coprésidence de l’UPM, France-Egypte, pour mettre en place les statuts, les instances et les personnes selon sa volonté. Il a crée une cellule de l’Elysée spécifique pour travailler sur cette phase de lancement. L’UPM est une institution qu’il veut maîtriser. Il rééquilibre les zones d’influences en intégrant les pays du Sud. Il contrebalance le poids politique et économique des pays du Nord et la place prise par les pays de l’Est.
Certes la réussite de l’UPM n’est pas garantie. Mais il existe une conjonction de circonstances qui fait que l’UPM peut devenir un espace incontournable. L’UPM peut aussi, devenir une plateforme diplomatique pour garantir la paix sur une région géopolitiquement à risques (comme ce fût le cas pour la Communauté Européenne). Elle permet aux pays arabes de développer des projets communs en collaboration avec l’UE dans un cadre équilibré et non subit. Mais l’UPM aussi permet aux pays d’Europe du Sud et en particulier à l’Espagne et à la Grèce, d’occuper une place politique et économique stratégique.
La détermination de Miguel Angel Moratinos, Ministre des Affaires Etrangères Espagnol, en est la preuve : "Ce ne sera pas facile, mais je suis sûr que nous y arriverons".

Les instances se mettent en place maintenant pour une période minimum de 2 ans. Nous devons être vigilants et actifs. Il nous faut suivre de prêt cette phase de construction, de positionnement diplomatique et de choix politiques. Soyons prudent mais regardons de prêt l’évolution de l’UPM.

Historique et situation actuelle de l’UPM:

Les chefs d’Etat et de gouvernement de 43 pays du pourtour méditerranéen et de l’union européenne, réunis en sommet à Paris le 13 juillet 2008, décidaient de mettre en œuvre un partenariat renforcé autour de la Méditerranée: L’Union pour la Méditerranée (UPM). Selon Bernard Kouchner c’est un nouveau souffle donné au processus lancé en 1995 à Barcelone.

L’UPM a pour vocation de donner un nouvel élan à la coopération méditerranéenne en introduisant une logique paritaire entre le Nord et le Sud et en promouvant une solidarité de fait via des projets concrets d’intérêt régional.

Elle est constituée de 27 Etats membres de l’UE, 12 pays du Processus de Barcelone (La Lybie n’a pas souhaité participer – 9 pays sur 12 relèvent de la politique européenne de voisinage), ainsi que Monaco, Croatie, Monténégro, Bosnie-Herzégovine.

Les Ministres des affaires étrangères de l’UPM ont arrêté, en novembre 2008, les contours de l’organisation de ce nouveau forum de coopération régionale : une coprésidence exercée par un pays de l’UE et un pays du sud pour deux ans, un secrétariat localisé á Barcelone dirigé par un Secrétaire Général (SG) issu des pays méditerranéens, 6 Secrétaires Généraux Adjoints dont, pour le premier mandat, et c’est une première historique, un Israélien et un Palestinien. Comme l’a fait remarquer Bernard Kouchner "Rien qu'avoir un secrétaire général et six adjoints entre six pays, dont un Israélien un Palestinien, qui n'avaient pas l'habitude d'être ensemble et s'affrontent durement parfois, c'est une réussite exceptionnelle".

Six domaines prioritaires ont été retenus: dépollution de la Méditerrané, Autoroutes maritimes et terrestres, protection civile, énergie de substitution et plan solaire méditerranéen, enseignement supérieur et recherche, initiative pour le développement des entreprises.

L’UPM a été paralysée plusieurs mois par les interventions militaires d’Israël contre le Hamas à Gaza entre Décembre 2008 et janvier 2009. Cette situation a entrainé la suspension de toutes les réunions formelles avec les 43 membres, mais des rencontres informelles ont permis de travailler sur les statuts du secrétariat et avancer sur la définition des projets.

La commission européenne a par ailleurs annoncé le 10 juillet 2009, pour le premier anniversaire de l’UPM, une contribution supplémentaire de 72M€ pour la période 2009-2010 en faveur des secteurs jugés prioritaires par les chefs d’Etat et de Gouvernement lors du Sommet de Paris. A titre d’exemple, sur ces deux années, 22M€ seront consacrés à la dépollution de la Méditerranée, 7,5M€ aux autoroutes de la Mer et terrestres et 5 M€ au plan Solaire.

Sur le plan institutionnel, le Secrétaire Général (SG) a été désigné par les hauts fonctionnaires le 12 janvier dernier par consensus. Les Secrétaires Généraux Adjoints (SGA) devraient être également nommés au premier semestre 2010 dès lors que la répartition sera définitive. La répartition qui pourrait être proposée est la suivante : Financement de projet : Italie ; Transports : Turquie ; Eau et Environnement : Autorité palestinienne ; Education supérieure : Israël ; Affaires sociales et construction de mesures de confiance : Maltes ; Energie : Grèce.

Les statuts du secrétariat n’ont pu être adoptés parallèlement à la désignation du SG, en raison de l’absence d’accord entre Chypre et la Turquie sur la durée de validité du mécanisme régional de nomination des SGA (3 SGA nommés par l’UE et 3 SGA nommés par les pays du Sud). Un accord devrait être rapidement trouvé.
Dès à présent, un groupe de travail composé de la Commission, du Secrétaire Général du Conseil, de la coprésidence (France – Egypte), de l’Espagne et de la Belgique, prépare les différentes étapes pour la mise en place du Secrétariat.

L’Espagne assure la présidence du Conseil de l’UE au 1er semestre 2010. A ce titre elle devrait coprésider l’UPM aux côté de la France et de l’Egypte.

L’Espagne a proposé de laisser la France assurer la coprésidence jusqu’au prochain Sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement (prévu les 6 et 7 juin 2010 à Barcelone sous présidence espagnole) et d’assumer ensuite cette coprésidence pour 2 ans. Cependant une telle décision devra faire l’objet d’un accord avec les autres Etats membres et avec le Président permanent du Conseil Européen et Mme Ashton.

Les 43 Etats membres de l’UPM ont adopté en février un programme de travail pour 2010 ambitieux qui permettra d’avancer dans les priorités d’action retenues. Au premier semestre, quatre réunions ministérielles sont confirmées : eau (Barcelone, 13-14 avril), enseignement supérieur et recherche (Brdo, Slovénie, 25-26 avril), affaires étrangères (Barcelone, 5-6 juin, à la veille du Sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement) et agriculture (Egypte, 15-16 juin). Mais pourraient s’y ajouter les ministérielles suivantes (à confirmer), énergie (Le Caire), justice (Agrigento, Italie), tourisme (Barcelone), environnement (Dubrovnik)-
*12 pays du processus de Barcelone membres de l’UPM: Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Territoires palestiniens, Syrie, Tunisie, Albanie, Mauritanie, Turquie.

vendredi 19 février 2010

L’Etat se désengage des écoles françaises de l'étranger

L’Etat se désengage des écoles françaises de l'étranger. Les parents sont pris en otage.

Cette situation est représentative de la politique actuelle et des choix futurs du gouvernement en ce qui concerne l’éducation et la culture française dans le monde.

Prenons l'exemple du Lycée Français de Barcelone. Les frais de scolarité ont augmentés de 11% pour l'année 2009/2010 et augmenteront de 8% en 2010/2011 (plus de 50% depuis 2000/2001). Aucune concertation, ni communication écrite ne permet de savoir si les parents, dont je fais parti (deux enfants de 10 et 12 ans), devront assumer des augmentations similaires sur les 10 prochaines années. Pour l’instant notre Ambassadeur déclare qu’il «s’engage à ce que l’augmentation annuelle pour les 5 prochaines années ne soit pas supérieure à 10%»! Selon l'AEFE cette augmentation est justifiée par la baisse des subventions de l'État ainsi que par le coût de construction (15-20M€) d'un nouveau Lycée dont le financement sera assuré pour deux tiers par les parents des élèves en cours de scolarité. Mais attention les parents payent pour un Lycée qui n’ouvrira que lorsque leurs enfants auront terminés leurs études. En effet, ce n’est qu’un projet dont les travaux devraient commencer au mieux dans deux ans !

La situation financière de nombreuses familles nous oblige à poser des questions de fond. Les Français de l’étranger vont-ils pouvoir continuer à scolariser leurs enfants dans le système français? Doivent-ils faire le choix, injuste, d’une éducation locale de niveau souvent inférieur, qui coupera leurs enfants de leurs racines et de leur culture francophone? Allons-nous assister à un retour massif des Français de l’étranger puisqu’ils ne peuvent plus affronter les conséquences de la crise et le retrait de l’Etat français?

Ceux dont les entreprises payent les frais de scolarité ou dont les revenus permettent de supporter les hausses continueront à profiter de l’excellence de l’éducation française. L’élite sera servie. Inégalité sociale, non respect des droits fondamentaux à l’éducation française pour les français, mais aussi déni d’accès à la culture française pour les classes populaires Espagnoles et Etrangères.

Il ne faudrait pas oublier non plus que de nombreux Lycée Français dans le monde ont un poids historique et politique. Celui de Barcelone (plus grand Lycée de la ville avec près de 3000 élèves), était une des rares écoles qui enseignaient les valeurs républicaines pendant les 40 ans de franquisme. C’était un espace de liberté, d’égalité, de fraternité, et d’ouverture vers le monde. Le français était en Espagne la première langue étrangère parlée, la culture française était un moyen pour résister à la tyrannie. Le Lycée Français et l’institut français de Barcelone étaient des coins de France où éducation et la culture signifiaient évasion et liberté. Les Espagnols, les Catalans, les Français ne comprennent pas se désengagement de la France.

Attention, il y a non assistance à culture française en danger !

Si la France a les moyens de sauver le monde financier et les banques elle a le devoir de défendre et promouvoir son éducation et sa culture sur le territoire national et dans le monde.

mercredi 19 août 2009

Prix des carburants à la pompe, bonus négatif pour les vacanciers

Comment peut on laisser augmenter le prix des carburants 48 heures avant le 15 Août ? Les Européens vont découvrir sur les autoroutes du retour, dans la plus grande indifférence des média et de la classe politique, que les carburants ont subi une hausse de plus de 15% !! Cette année les Europeos avaient fait le choix de partir en voiture vers des destinations familiales ou touristiques peu couteuses. La voiture leur permettait de voyager en famille à moindre coût. Cette année le prix des carburants était raisonnable.
C’était sans compter, une fois de plus, sur la capacité des groupes pétroliers à faire fluctuer les cours du baril et les prix à la pompe sans aucune explication ni contrôle.

Allons-nous dépendre encore longtemps des producteurs et des spéculateurs « pétrolier » ? Allons-nous laisser les groupes pétroliers continuer à s’enrichir au profit de quelques un, au détriment de tous les consommateurs ? C’est l’inverse des principes républicains les plus basiques.

On nous explique depuis plus d’un an que le prix à la pompe ne peut baisser que 6 ou 7 mois après la chute des prix du baril, du fait de l’obligation d’écouler les stocks achetés à prix fort. Comment va-t-on nous expliquer, maintenant, que les groupes pétroliers soient obligés de répercuter immédiatement sur le prix à la pompe la hausse du baril de ces dernières semaines ? N’ont ils pas reconstitué des stocks avec un baril à moins de 60$ ?
Les pétroliers sont tout simplement en train de se couvrir contre le risque d’une hausse spéculative qui semble se profiler pour les mois à venir. Ils se garantissent des bénéfices record et indécents en ces temps de crise.

Il n’y a aucune raison, non spéculative, que les cours du baril remontent. La consommation qui a chuté reste au plus bas, de nouveaux gisements sont découverts (ce qui repousse les risques de pénuries) et les groupes pétroliers annoncent des bénéfices qui restent astronomiques même si ils sont en baisses (3,8 milliards d’euros pour Total sur le premier semestre 2009).

Mais alors pourquoi personne ne réagit, ni les gouvernements nationaux, ni l’Europe… ? Malheureusement les raisons sont peut être pire à avouer que le mal que nous devons supporter.

Les gouvernements laissent faire car une augmentation du cours du brut et du prix des carburants signifie une augmentation de l’assiette de la TIPP et autres taxes et impôts que supportent les consommateurs européens lorsqu’ils passent par la pompe. Une augmentation des carburants permet mécaniquement une réduction des dettes abyssales que nous avons été obligé d’accumuler pour renflouer la finance mondiale. Elle permet aussi d’augmenter artificiellement l’indice des prix et de nous faire croire à l’éloignement d’une déflation aux répercussions méconnues et non maitrisables.
On veut aussi nous faire croire que l’augmentation du baril de brut est due à une reprise de la production industrielle elle-même déclenchée par une reprise de la consommation mondiale et un épuisement des stocks.
C’est totalement faux. L’origine est pratiquement exclusivement spéculative et politique. Spéculation non contrôlée et non maitrisée et communication politique pour redonner le moral.
Malheureusement tout le monde s’accommode de cette alchimie des chiffres sans se préoccuper du mal réel (déflation, chômage, désindustrialisation, désocialisation, précarisation ….). Les gouvernements engrangent les rentrées fiscales et expliquent qu’il y a des signes de reprises, prédisant avec ce discours simpliste, une sortie de crise prochaine. Les financiers, eux, n’ont plus qu’á faire augmenté les cours des valeurs boursières. Le mécanisme est simple, les entreprises vont aller mieux puisqu’il existe des signes significatifs de sortie de crise. Ils s’appuient sur les annonces des gouvernements qui eux s’appuient sur les statistiques fournies par les banques… La boucle est bouclée il ne reste plus qu’à faire des bénéfices record (BNP 1,6M€ au 2º trimestre 2009). Les banques relancent la mécanique économique en suivant les mêmes modèles qui nous ont amenés à la crise. Les pétroliers continuent à spéculer sans aucun contrôle.

Je suis pour le contrôle du prix des carburants par l’Europe. La concurrence ne marche pas et les gouvernements nationaux ont trop intérêt à laisser faire. Il faut aussi réinstaurer la TIPP flottante en France et l’implanter sur toute l’UE. Elle fût instaurée par Laurent Fabius lorsqu’il était ministre des finances. Elle permet de limiter les fluctuations du prix des carburants à la pompe en compensant une augmentation du prix du brut par une baisse du pourcentage des taxes perçues. L’état engrange la même valeur nette d’impôt, même si les cours montent et vice versa s’ils baissent. Il faut au passage rappeler que Nicolas Sarkosy supprima la TIPP flottante pour revenir à un mode de calcul où lorsque les cours montent, l’impôt en valeur absolu augmente, le consommateur final payant alors l’augmentation du prix du carburant et plus d’impôts.
Le prix des carburants et de l’énergie au sans large doivent être au cœur des débats et des préoccupations de l’Europe. Nous devons contrôler les profits des groupes pétroliers (nombreux sont européens, Total, Repsol, BP, etc. !!) et réguler la spéculation sur les cours du baril de brut.

dimanche 5 juillet 2009

Les financiers spéculent ils, avec l'argent public mondial?

Les financiers (Banques, grandes fortunes, voleurs ou investisseurs?) utilisent-ils les fonds des plans de relance pour se refaire une santé en spéculant à très court terme ? Utilisent-ils les milliards apportés aux banques pour faire, en quelques semaines, plusieurs milliards de bénéfices? Quid des emplois détruits par millions parceque les banques ne débloquent pas les crédits aux entreprises et aux particuliers?

En effet les grands établissements financiers ont été obligés d’accepter l’aide des Etats au plus fort de la crise pour éviter la banqueroute et l’effondrement total du système capitaliste actuel. Ils cherchent maintenant à rembourser au plus vite… car les préteurs d’hier n’aiment pas être débiteurs. En remboursant au plus vite, les banques éviteront peut-être la mise en place de contrôles indésirés et se débarrasseront d’une tutelle politique dérangeante. Elles pourront alors reprendre leurs pratiques frauduleuses et rémunérer les grandes fortunes avec des bénéfices irréels et leurs dirigeants et traders avec des bonus qui ressemblent à un partage du butin.

Profitant d’une légère embellie « Spéculative » (pic central du W, voir article Sortie de crise et nouveau modèle économique) de la conjoncture mondiale et américaine les banques ont déjà remboursé plusieurs milliards. Je vais essayer d’expliquer ce qu’est la spéculation à la baisse ou plutôt le casse du siècle:

Le Trésor américain a autorisé, mardi 9 juin 2009, dix des plus grandes banques des États-Unis à rembourser les 68 milliards de dollars (49 milliards d’euros) de fonds publics dont elles ont collectivement bénéficié depuis l’automne 2008, dans le cadre de son plan de stabilisation du système financier. Cette décision va permettre à ces établissements de s’affranchir des conditions posées par l’État en contrepartie de son aide. Elles allaient devoir accepter un contrôle accru et une entrée de l'Etat dans leur système de gouvernance.
Les dix banques avaient reçu ces fonds de l’État dans le cadre du plan TARP, (Troubled Asset Relief Program, doté de 700 milliards de dollars) de recapitalisation lancé par le gouvernement de George Bush. Au total, l’État avait placé 200 milliards de dollars (143 milliards d’euros) dans plus de 600 banques. Cette injection de capital avait pour but d’apporter des fonds propres aux institutions qui en avaient besoin, pour se refinancer à un moment où le marché du crédit interbancaire était gelé par la peur du risque de faillites. L’État avait obtenu des actions de ces banques en échange de l’argent qu’il apportait. L’opération de rétrocession des actions va dégager un gain de "plusieurs milliards" de dollars pour l’État, a indiqué le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, les cours des actions des banques ayant en général monté depuis la prise de participation de l’État. Les banques en remboursant une partie de leurs dettes évitent la pire des sanctions, le contrôle de l'Etat. L'Etat de son côté peut justifier le status quo puisque les banques rembourses leurs dettes en payant des intérêts.

Pourquoi personne ne s’étonne que les banques au bord du gouffre il y a quelques mois soient maintenant en position de rembourser plusieurs centaines de milliards et que le cours de leurs actions remontent ?

Personne ne veut rien changer. Les banques avaient prêté pour plus de 30 fois leurs fonds propres! Avec les fonds publics elles ont « spéculé à la baisse » afin de les reconstituer. Elles ont provoqué et amplifié la dévalorisation de certaines entreprises, parfois d’elles même, par des annonces de mauvais résultats, de plans sociaux, et par la publication de prévisions non justifiées ou volontairement fausses. Elles ont ensuite racheté les actions des entreprises ciblées à un cours largement inférieur à leurs vraies valeurs… Ensuite les mêmes banques publient des informations positives sur l’efficacité des plans de restructurations et de réduction des coûts mis en place par leurs proies. Elles font réévaluer, par les entreprises de notations les niveaux de risques. Les valeurs en bourse remontent. Les banques revendent avec des plus values de plus 30 à 40% en quelques jours. Peut-on encore croire au changement prochain du système ?

Nous comprenons maintenant pourquoi les bourses depuis quelques mois ne chutent plus, alors que tous les fondamentaux sont au rouge et que l’endettement mondial continue à s’accroitre. Nos entreprises européennes se meurent, nos emplois disparaissent, les financiers spéculent, la précarité s’installe.

Malheureusement nos alchimistes de la finance en plus de spéculer à la baisse, spéculent aussi sur une productivité accrue grâce à la crise et donc sur des bénéfices futurs encore plus importants. Cette spéculation est encore plus morbide et elle découle de la première. Les banques ont profité de la détérioration des cours, amplifiée par la spéculation à la baisse, pour imposer à leurs débiteurs des réductions de coûts et des restructurations impossibles il y a quelques mois. Les dirigeants des grands groupes mondiaux pour respecter les « convenances » définies par les financiers ont dû, dans l’urgence, détruire des millions d’emplois, fusionner des entreprises, délocaliser des sites de production, remettre à plat les acquis sociaux, etc. Ils demandent des sacrifices aux cadres et aux employés à la limite de l’acceptable et du légal : prise de congés sans solde, renoncement aux parts variables, réduction pure et simple « volontaires » de leurs salaires.
British Airways (BA) atteint le summum en demandant à ses salariés basé en Grande-Bretagne de travailler gratuitement sur une période allant d’une semaine à un mois. La compagnie aérienne parle de survie et son directeur général, Willie Walsh, a décidé de montrer l’exemple: il ne touchera pas ses 70.000 euros en juillet. « Il n’y a pas d’autre solution dit-il, l’entreprise existera toujours dans deux ans si le personnel voit cela comme une crise temporaire ou alors l’entreprise ne survivra pas ».
Mais BA British Airways discute également une réduction de salaire avec ses pilotes et sa restructuration passera aussi par de nouvelles destructions d’emplois après les 2500 postes déjà supprimés.

Attention je ne suis pas en train de dire qu’il ne faut pas prendre ce type de disposition. Les dirigeants des grands groupes (ceux de BA inclus) n’ont pas le choix. Les financiers nous y obligent, la situation économique nous impose une réduction des coûts, des structures, afin d’adapter l’offre à une demande en chute libre. Les dirigeants ont l’obligation de limiter la diminution des bénéfices ou des pertes. Ils doivent générer du cash pour éviter aux banques d’avoir à les refinancer pendant cette période. Mais il faudrait qu’il existe une gouvernance européenne, mondiale qui mette en place des règles du jeu et qui s’engage à créer des instances capables de les contrôler et de les faire respecter.
Les dirigeants sont de bonne foi, ils n’ont pas d’autres alternatives. Mais dans deux ou trois ans, les entreprises restructurées avec des salariés qui auront accepté de perdre leurs acquis, seront plus productives et donc plus rentables. Les bénéfices seront supérieurs à ceux d’avant crise! En deux ou trois ans ils auront couvert les pertes accumulées pendant cette période, avant de générer à nouveau des bénéfices pour quelques privilégiés du monde de la finance et ceux qui ont accès à l’information (les experts).
Le problème c'est qu’il n’y a pas de clause de « retour à bonne fortune » en faveur des salariés, des ménages, des épargnants et des petits porteurs. Ils devront attendre, dans le meilleur des cas, une décennie pour retrouver des conditions de vie et de travail semblables à celles qu’ils avaient en 2007. Pourquoi n’établissons nous pas une obligation de reversement d’une part des bénéfices futurs pour compenser les sacrifices acceptés spontanément et volontairement par l’ensemble des salariés ? Les Europeos doivent réagir. Nous devons imposer au monde nos règles du jeu.

samedi 16 mai 2009

Sortie de crise et nouveau modèle économique

Nous essayons tous d'évaluer, de prévoir, de schématiser la sortie de crise. Nous ne connaissons pas encore toutes les données et conséquences de cette crise que certains, déjà, essayent d'en tirer profit. Ils spéculent sur l'avenir. Ils veulent redémarrer sur un modèle similaire à celui qui nous a amené à cette situation.

La crise est elle en V, W, L, U.... c'est la question que se posent les financiers du monde entier? Essayons de comprendre pour agir et organiser un nouvel ordre mondial.

Evolution en V: décroissance rapide (première branche descendante du V) et reprise rapide (deuxième branche ascendante du V). Cette situation est improbable si ce n’est impossible. Avec les fondamentaux actuels, comment pouvons nous envisager dans les prochains mois une croissance de 20-30%!

Evolution en L : chute rapide, futur déprimant avec une crise longue. Nous connaissons ce schéma c’est celui du japon depuis plus de 10 ans. Mais nous ne savons toujours pas comment ni quand ils en sortiront.

Evolution en U : chute rapide, reprise forte après une période, 1 ou 2 ans, de stagnation.

Evolution en W : C’est certainement le scénario le plus probable. Après 1 an de forte décroissance, reprise de confiance des ménages et spéculation à très court terme des milieux financiers (c’est le pic du W). Ils prendront ensuite leurs bénéfices, ce qui déclenchera un nouveau réajustement avec une forte décroissance. Enfin après plus de deux ans nous pourrons envisager une reprise avec une croissance soutenue. Cependant nous n'aurons pas résolut le problème majeur, déclencheur de la crise : l’endettement.

Je pense malheureusement que nous sommes dans une configuration en W.

Le raisonnement est simple. Les spéculateurs sont des joueurs et certains jouent en bourse comme ils joueraient au casino. Il y a cependant une différence majeure, nous n’interdisons jamais aux financiers l’accès aux bourses comme l’on interdit aux tricheurs, ou aux plus endettes, l’accès aux casinos!
Dans le monde de la finance aucun contrôle réel n’existe. Il n’y a pas de limite à la spéculation, la tricherie et l’arnaque sont reconnues comme des stratégies financières au service des investisseurs. Le monde de la finance a spéculé pendant des années en utilisant l’endettement des ménages comme seule clé de financement. Afin de faire croire à une couverture du risque, les banquiers ont fait augmenter artificiellement les prix de l’immobilier. Leur discours est rodé: les prix augmentent donc je vous prête 100% de la valeur de votre bien ; puisque je vous prête 100% vous pouvez vous endetter…. Puisque nous « pouvions » tous acheter, les banquiers nous prêtaient…, les prix ont augmentés. Et puisque les prix augmentaient, nous avons cru au miracle du capitalisme moderne. La bulle immobilière est née. Il ne restait plus qu’á faire fructifier les bénéfices réalisé par le monde de la finance et surtout il fallait faire disparaître les risques potentiels lié à cette bulle. Les génies de la finance ont alors inventés les hedges funds, la tritisation, etc. Ils ont organisé les paradis fiscaux et les paradis financiers (le premier étant la place de Londres).

Maintenant ce qui est terrifiant c’est que le monde de la finance, poussé par ceux qui ont profité de ce capitalisme sans foi ni loi, ne lâche pas le morceau. Ils spéculent à la « baisse » et ils spéculent sur une « augmentation de la productivité » et donc sur des bénéfices futurs. Quels sont donc ces nouveaux « virus » du jeu de la finance? Allons nous sortir un jour des cette spirale où le monde de la finance nous ment et tire profit de l’endettement des ménages et des états? Qui peut les stopper, les juger, les arrêter? Madof n’est qu’un parrain de la mafia de la finance jugé et condamné de façon exemplaire, pour faire croire que l’on pouvait en terminer avec la pègre de la finance… C’est faux, personne ne peut évaluer ni récupérer l’argent qu’il a volé. Aucune institution mondiale, européenne ou nationale n’existe.
L’Europe doit définir au plus vite des règles communes pour métriser les dérives des financiers. Nous devons mettre en place les instances de contrôles et les moyens permettant de faire appliquer les lois et les règlements que nous aurons mis en place. Allons nous avoir la volonté de le faire?

mardi 21 avril 2009

Vivre mieux notre vie d'actif

Vivons mieux notre vie d'actif et ne laissons pas se créer un affrontement intergénérationnel.
(cf. L’injustice intergénérationnelle va créer un conflit entre Europeos. ).
En 2020 nous allons avoir une génération qui sera à la retraite depuis 20 ans (ils seront partis à 55 ans, avec un revenu minimum supérieur à la moyenne des actifs!!) et une génération qui aura déjà travaillé plus de 40 ans (peut être 45) et un revenu qui sera plafonné et non garanti. Pouvons-nous accepter cette situation ? Est-elle soutenable et irréversible?

Nous ne pouvons pas accepter cette fatalité. Il nous faut une fois pour toute faire de la prospective, être réaliste, arrêter de nous mentir à nous même. Nous ne devons pas hypothéquer le bien être des générations futures au bénéfice d'une génération qui aura vécu 30 années de surconsommation.

Il n'existe pas de solution miracle. Les fonds de pensions étaient une vrai fausse bonne idée, la retraite par capitalisation n’est pas une solution. Combien de millions de personnes ont vu leur capital retraite fondre de plus de 50% en seulement quelques mois, alors qu’il faut une vie de travail pour le constituer ?

Une seule génération ne va pas pouvoir assumer seule, les erreurs et les excès de la précédente. Nous allons devoir repenser notre économie, nos retraites, notre temps de travail, la répartition des richesses et des bénéfices, la valorisation de la formation, etc. Nous allons devoir repenser la vie d’actif et de non actif.


Nous pouvons et devons agir. Nous devons créer un cadre européen qui garantisse et protège nos actifs et nos retraités.

Nous devons intégrer les études dans le calcul des retraites, afin de ne pas dévaloriser l'apprentissage par rapport au travail. Nous devons réduire le temps de travail et non pas le rallonger, comme certains le souhaitent. En cette période de crise les entreprises le font afin de réduire leurs coûts directs ou les coûts de licenciements. Elles devront accepter de le faire en temps de croissance sans réduction de salaire pour créer des emplois. La semaine de 4 jours et non pas les 35 heures est certainement une solution (je vous invite à lire les ouvrages de Pierre Larrouturou). Nous devons augmenter la durée des congés payés dans tous les pays d’Europe. Les entreprises doivent accepter et nous devons financer des aménagements professionnels permettant de faire des breaks de 1 à 3 ans. Il nous faut absolument mieux aménager nos années travaillées afin de vivre mieux notre vie d'actif. Si nous n’y arrivons pas, comment pourrons nous accepter de travailler plus vieux!

Travaillons sur un modèle de société qui garantisse l’éducation pour tous, durant toute la vie, qui incite les jeunes à travailler, qui développe la prise de responsabilité et l’esprit d’entreprise, qui invite à prendre part à la vie politique et syndicale, pour assurer le dialogue et la prise en compte des attentes de chacun. Nous devons créer une société qui garantisse les soins, qui aménage la prise en charge des personnes âgées, qui accompagne les malades jusqu’à la mort dans la dignité.
L’Europe doit être le moteur de cette nouvelle société. Elle doit être sociale et citoyenne. Elle doit protéger et réduire les injustices. L’Europe à le devoir de consolider les acquis de certains états membres en les généralisant aux autres. L’Europe doit améliorer la qualité vie. L’Europe économique devenue politique devra être sociale si elle veut être comprise et défendue par les citoyens Européens.

lundi 16 mars 2009

L’injustice intergénérationnelle va créer un conflit entre Europeos.

La situation économique actuelle masque et fait oublier l’un des problèmes majeur des 50 prochaines années. Nous sommes absorbés par la crise financière maintenant devenue économique et sociale. Mais le mal profond de notre société et de notre modèle économique reste toujours sans réponse : comment allons nous financer nos retraites et comment allons-nous gérer une population d’Europeos vieillissante? Pouvons-nous avoir la même approche dans tous les pays de l’union? Existe-t-il un risque de conflit "intergénérationnel"?

Depuis toujours notre lutte a consisté à essayer de réduire le temps de travail hebdomadaire et à garantir un âge de départ à la retraite. La réduction du temps de travail devait permettre d’augmenter la qualité de vie pendant la vie active. La retraite devait permettre aux travailleurs de profiter de quelques années de repos bien mérité.

Mais plusieurs contraintes nouvelles (démographiques et géoéconomiques) sont apparues sans que ne soient remise en cause les acquis, ni repensés leurs financements afin de les rendre pérennes.

Durant les 30 dernières années et en particulier lors des dernières crises pétrolières et/ou sectorielles certaines décisions ont été prises afin de donner une réponse immédiate à un problème socio-économique sans pour autant se poser la question de l’impact pour les générations futures.

Comment pouvons-nous maintenant garantir l’équité entre les générations ? Sur les derniers siècles la question ne se posait pas, chaque génération portée par la croissance pouvait garantir à la suivante une qualité de vie et de « travail » meilleure. De 70 heures de travail hebdomadaire à 35h, de quelques jours de repos par an à plusieurs semaines de congés payés.

La productivité a augmenté du fait, de l’industrialisation, d’une éducation devenue universelle et de plus haut niveau, d’une forte croissance de la demande, de la modernisation et de l’informatisation de l’outil de production, de la création et de l’augmentation des services, etc. Elle nous a permis d’évoluer vers une société plus juste, plus sociale, avec une protection et des garanties pour tous. Il ne faisait aucun doute que ces acquis l’étaient pour la vie !

Malheureusement la situation semble s’inverser, nous sommes à l’aube d’un conflit « intergénérationnel ». D’une part nous avons la génération des plus de 60 ans (en 2009) qui ont eu, et ont droit, à une couverture sociale et un revenu minimum et qui sont partis ou partent actuellement à la retraite dans des conditions décentes. D’autre part la génération des moins de 40 ans. Ces derniers se demandent dans quelles conditions ils vont devoir travailler et ce à quoi ils auront droit à la fin de leur vie active. Ceux qui ont entre 45 et 60 ans se posent la question de savoir, quand se produira la rupture ? Auront-ils la chance de profiter du système avant son extinction? Auront-ils suffisamment capitalisé?

Les 60 – 70 ans vivent maintenant plutôt bien. Les retraites sont versés, les soins sont assurés et remboursés. Habituellement ils ont pu constituer pendant leur vie professionnelle un capital minimum pour survenir à leurs besoins. Ils ont pu offrir une éducation meilleure à leurs enfants et un cadre de vie privilégié. (Bien sur certains n’ont pas cette chance, mais l’on peut considérer que c’est une minorité qui peut encore être aidée). A cet âge (certains moins de 58 ans !!), ces jeunes retraités peuvent profiter de leurs loisirs, voyager, reprendre leurs études, avoir une vie associative, profiter de leur conjoint et de leurs petits enfants, etc. Une étude de l’INSERM CEPIDE montre que le zénith du bien être est actuellement dans cette tranche d’âge entre 65 et 70 ans. L’espérance de vie étant supérieure à 80 ans, ils peuvent espérer profiter de 15 à 20 ans de bonheur.

Mais attention le conflit viendra des moins de 45 ans (en 2009). On leur demande de prolonger leurs études, « pour s'assurer un emploi », ce qui retardera d’autant leur départ à la retraite. Ils doivent et devront travailler plus pour gagner plus. (C’est notre président qui le dit et c’est en opposition avec les générations précédentes qui devaient travailler moins pour vivre mieux). On les obligera aussi à travailler plus longtemps afin d’assurer les retraites et les soins des générations précédentes qui ont de grande chance d’avoir une espérance de vie qui dépassera les 90 ans !!

Si l’on affine l’analyse en prenant en compte le ratio actif / non-actif la situation est encore plus préoccupante. Chaque jour, en proportion, le nombre d’actifs diminue face à celui des non-actifs. Les actifs devront donc être plus productifs afin de compenser le déficit et couvrir les dépenses croissantes de nos couvertures sociales. Si on couple ce besoin de financement de l’état à la pression exercée par le monde financier, qui cherche encore à accroitre ses bénéfices, l’augmentation de productivité nécessaire ne pourra être possible que par une régression des acquis et de la qualité de vie des Europeos. Les nouvelles technologies ne permettent pas, pour l’instant, d’envisager un gain suffisant de productivité afin de couvrir ces attentes. Il nous faudra donc travailler plus pour vivre moins bien…

Pour ceux qui sont nés après 1960 la situation est la suivante: études longues, conditions précaires, salaires moindres, endettement lourd du fait de la spéculation immobilière, chômage et carrières chaotiques, conditions de travail dégradées, date de la retraite repoussée. On nous demande de travailler plus pour ne pas perdre en pouvoir d’achat et de travailler plus longtemps pour garantir celui de la génération précédente, selon le principe d’une chaine de solidarité infinie.

Cette situation est insoutenable. Nous sommes obligés de parler d’injustice entre générations et de nous poser certaines questions fondamentales.


Quel cadre allons-nous définir en Europe pour financer et garantir la qualité de la vie active et la dignité des jeunes et des moins jeunes ? L’Europe peut elle laisser aller la souffrance des jeunes, alors qu’elle devrait chercher les moyens d’y remédier. L’Europe devra garantir les acquis et les rendre accessibles à tous afin qu’il n’y ait pas de disparités entre Europeos. Si elle ne le fait pas la crise intergénérationnelle sera aussi à l’origine d’une crise sociale européenne qui pourrait être la cause de l’effondrement de l’Europe économique et politique. L'Europe sociale est indispensable à notre équilibre futur. Il nous faut assumer la non anticipation et par conséquent la non gestion des générations précédentes. Il nous faut réfléchir sur un cadre de vie et de travail qui ne soit pas basé sur la dégradation des conditions du citoyen Europeos. Dans mes prochains articles je me propose d'apporter quelques idées et réflexions sur l'évolution de notre cadre de travail et sur les conditions de nos retraites.