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samedi 23 février 2019

Pourquoi le parti auquel j’appartiens n’a pas lancé le débat avant ?


Une personnalité politique éminente en Nouvelle-Aquitaine, lors de ses vœux à la Presse, a dit : "Je regrette que le parti auquel j'appartiens n'ait pas proposé une vision, une trajectoire de sortie de crise pour dire ce qu'est l'espérance aujourd'hui, ce qu'est l'avenir." Je vais en reprendre le sens et certaines idées.
Depuis trois ans, c’est bien la question que je me pose. Pourquoi mon parti, seul parti de gouvernement de gauche ne se pose plus les bonnes questions ? Pourquoi n’est-il plus capable d’exprimer des visions d’avenir, d’espoir, de société ? Pourquoi n’a-t-il plus de stratégie politique? Pourquoi est-il inaudible?  Où sont ces hommes et ces femmes politiques qui ont fait sa force? Où est l’âme de Jean Jaurès, de Léon Blum, de Pierre Mauroy ? Où sont les discours et les combats de François Mitterrand pour l’Europe, les libertés et le progrès social ? Qui peut défendre l’abolition de la peine de mort comme l’a fait Robert Badinter ? Qui peut avoir comme Laurent Fabius la force et le poids politique d’instaurer et d’imposer l’impôt sur les grandes fortunes alors qu’il est un jeune ministre délégué au Budget, ou convaincre le monde de signer l’accord de Paris pour le climat, l’accord sur le nucléaire avec l’Iran alors qu’il est Ministre des affaires étrangères ? Qui peut penser défendre une logique de partage du travail avec le «passage aux 35 heures», comme l’a fait Lionel Jospin avec Martine Aubry (certainement trop tôt et trop vite) ? Qui peut défendre les libertés d’expression mieux que Jack Lang qui instaurera les « radios libres » et créera les espaces d’expressions de notre culture, la fête de la musique, l’opéra Bastille, le Grand Louvre, l’Arche de la Défense, La Bibliothèque Nationale ? La liste est longue de ces combats gagnés par ces « gilets jaunes » du passé. Ils sont nombreux à avoir porté des idées et engagé les réformes débattues et construites au sein de ce grand parti de gauche que fut le PS avec Michel Rocard, Jacques Delors, Henri Emmanuelli, Jean Auroux à qui nous devons les lois travail portant son nom, Dominique Strauss-Khan, Hubert Védrine, Bernard Cazeneuve, Jean-Yves Le Drian, François Hollande. Tous ont compté et marqué l’histoire politique de ce Pays.
Ils avaient tous un point commun :  la volonté de créer une société meilleure, plus juste et plus humaine. Ils bâtissaient avec les militants et les élus la société du futur et les conditions sociales du travail dans ce futur. Ils se sont battus dans l’opposition et ont eu le courage de porter au gouvernement leurs idées et leurs projets tant locaux que nationaux.  
Mon parti a perdu sa force ! A t-il perdu les hommes et les femmes qui constituent cette ADN du combat social ? Il a perdu le sens de la réflexion qui anticipe l’avenir et donne de la force au combat. Il a perdu les raisons mêmes de son existence.
Il n’est plus qu’un parti d’opposition systématique et peu crédible, déconnecté des attentes de ses militants et des électeurs. Il ne mobilise plus les forces vives qui existent toujours dans ses rangs. Il ne fait plus rêver et ne donne plus l’espoir.
Les frondeurs ont détruit les fondations et consumé l’énergie nécessaire au nouveau combat. Ils ont détruit la confiance et fait taire ceux qui étaient encore capables de porter des messages forts. Et après avoir fait fuir les anciens et renié le parti qui les avait portés au sommet, ils ont quitté le navire et l’ont laissé sombrer dans un silence assourdissant pour rallier des mouvements en quête de populisme.
Pourtant ce parti il a une histoire, une idéologie, une culture du combat. Il a ses principes de justice et d’humanité que nous défendons et que je retrouve dans le discours de nombreux gilets jaunes qui ne croient plus aux partis. Ce parti auquel j’appartiens est pourtant toujours capable de comprendre à la fois l’entreprise et l’humain, l’urbain et le rural, l’écologie et l’économie. Capable de réfléchir pour mener la lutte contre « les inégalités » et contre « l’isolement ». Ce parti a une expérience de démocratie participative organisée dans nos territoires. Il est au contact des territoires avec des élus (Régionaux, départementaux, municipaux) qui oeuvrent et sont à l’écoute de leurs administrés. Il connait les ronds-points de France et les difficultés de gestion des budgets publics. Il doit retrouver le chemin du mouvement et prouver qu’il est vivant, ouvert et disponible. Le débat qui est en cours et le dialogue qui s’établit est une chance pour un pays démocratique. Il est aussi certainement un point de départ indispensable, au stade de rupture auquel nous sommes arrivés, pour reconstruire. Le temps est venu de retrouver le chemin de la réflexion et du débat en interne et au sein de la Gauche au risque de voir se concrétiser une alliance des extrêmes nationalistes et populistes déjà en place en Italie, en Pologne, aux Etats Unis ou au Brésil….
Les bases de notre combat commun sont connues : I/ plus de justice fiscale par une meilleure répartition de l’impôt, une meilleure redistribution des richesses vers les plus pauvres et dans la transparence II/ un accompagnement réfléchi de la transition climatique et agricole pour défendre notre environnement et notre cadre de vie III/ un soutien aux entreprises pour une meilleure compétitivité basée sur un capital humain une indépendance technologique assurée face à l’impérialisme et aux dérives possibles des grandes puissances mondiales IV/ protection des droits universels à l’éducation, à la formation et à la santé V/ un équilibre affirmé entre le monde rural et urbain V/ une « Europe puissance » pour la défense de la paix, des peuples et des territoires. Cette Europe, il faut la vouloir et la rebâtir.
Ces bases ne seront pas partagées par tous. Seuls les populistes peuvent laisser croire qu’ils pourront tout faire et répondre à toutes les attentes. Certains ne voudront pas, ou voudront moins, d’Europe. Certains ne voudront pas d’impôts nouveaux pour les plus fortunés, ni d’allègement pour les classes moyennes. D’autres voudront abandonner les politiques actives pour une transition climatique et agricole efficaces. Les plus dogmatiques demanderont la suppression des aides de l’Etat à la recherche et au développement des technologies de demain, que la formation et la santé ne soient plus financées et que la croissance de nos métropoles continue au risque de générer l’isolement des plus démunis, notamment des habitants du milieu rural…
Il faudra débattre, arbitrer et combattre. Les plus extrémistes voudront revenir sur l’abolition de la peine de mort, l’IVG, le mariage pour tous ... Il faudra que notre combat retrouve tout son sens pour défendre les acquis, bien sûr, mais aussi pour construire une autre société, celle du XXIème siècle. Et pour cela, nous devons former les jeunes aux métiers futurs, investir dans des infrastructures indispensables dans les cinquante prochaines années, créer les développements technologiques et scientifiques nécessaires et simultanément établir des règles éthiques qui seront nos outils et nos remparts.
Le mouvement des gilets jaunes est l’expression d’un malaise, d’un mal-être profond d’une société qui a perdu le sens de son histoire, de son existence et de son futur. Il y a union dans la misère, la difficulté, la désillusion ! Le rejet des partis, des élus, des syndicats et du système démocratique. Et dans ces conditions, il n’y aura pas d’union possible et stable dans les choix à faire et à venir. Des différences vont s’exprimer, des divergences vont se structurer, des visions d’avenir vont naître et s’opposer. Des mouvements vont se créer, l’expression va se structurer, des programmes vont s’élaborer et des porte-paroles vont émerger. La démocratie ne peut fonctionner qu’à ce prix. Et le vote qui est l’expression finale retrouver un sens. Les représentants élus, parce que le système représentatif sera redéfini et réaffirmé, devront aussi retrouver leur crédibilité par leurs paroles et leurs actions.
Les « partis » nouvelle génération seront aussi différents, mais ne disparaîtront pas, parce que nécessaires dans une démocratie participative nouvelle. Ils utiliseront les nouveaux moyens de communication et des lieux de partage et d’expression réinventés. Un grand chantier et un travail sur « le sens des choses » doit s’engager. Sans être excessif je crois que le parti auquel j’appartiens va retrouver le sens de son histoire, de ses racines, se nourrir des combats et des malaises actuels et redonner espoir à une « République des idées ».
Le travail n’a de sens que s’il créée de la valeur ajoutée, une vie meilleure et un environnement protégé. Nous sommes nombreux à avoir les mêmes attentes. Le combat immédiat qui doit être mené est celui de l’Europe. Ne soyons pas absents ! Démontrons notre capacité à soutenir une Europe plus forte et plus démocratique au service des peuples. Certaines idées qui s’expriment en France ces derniers mois peuvent être pensées au niveau européen alors qu’elles seront toujours difficile d’application au seul niveau national : l’impôt sur la fortune, une politique de transition climatique et agricole positive, un salaire universel, une protection susceptible de répondre aux agressions futures des nouvelles puissances mondiales.
Mais ces idées n’auront de sens que si elles sont portées par des mouvements et des représentants qui auront clairement exprimé leurs positions et leurs programmes avant d’être élus ! Bernard Cazeneuve peut être l'homme qui incarne ce mouvement, cet espoir, je le souhaite, je le lui ai dit.    

Michel Durrieu

dimanche 18 mai 2014

Portugal: sortie du tunnel ou triste réalité?

Exode des jeunes, plus de chômage, plus d’impôts et moins de couverture sociale...c'est la réalité des Portugais. 
Et pourtant, le Président de la République portugais est heureux. Le 17 Mai 2014, le Portugal a retrouvé son autonomie financière, c'est pour lui un jour historique. Et pourtant, nous devons constater que nous ne connaitrons la réalité économique et sociale du Portugal que dans un futur proche. Pour l’instant on ne peut que constater les effets de trois ans de sauvetage et de tutelle de la troïka (Fond Monétaire International, Union Européenne, Banque Centrale Européenne). Après avoir reçu un prêt de 78 milliards d’euros, un sévère plan d’austérité a été imposé au pays qui a provoqué une émigration importante et préoccupante, une augmentation sans précédant du chômage, des coupes draconiennes des aides sociales. La réalité est encore plus dure lorsque l’on constate que la pauvreté a augmenté alors que le Portugal était déjà traditionnellement l’un des pays les plus défavorisés de l’Europe occidentale.

La pression fiscale est passée de 37,1% du PIB en 2010 à 41,1% en 2013.

Le chômage même si la tendance semble s’améliorer est toujours supérieur à 15% alors qu’il n’avait jamais dépassé historiquement les 10%.

L’Etat s’est délesté de 50.000 employés en trois ans, ce qui représente une coupe de plus de 8%, il a réduit les dépenses de l'éducation de 1,1 milliard d’euros (370 millions initialement prévus).

Et l’émigration galopante est revenue au niveau des années 70 !!

Les traces laissées par le sauvetage du pays sont profondes et dures à vivre pour les portugais. Ils ne sont pas prêts à oublier cette période et ne vont pas, pour l’instant, sentir d’amélioration notable de leur quotidien. La croissance reste incertaine, la dette représente toujours près de 130% du PIB et il faudra au moins 20 ans au Portugal pour rembourser au trois quarts le prêt de 78 milliards d’euros consenti par ses créanciers qui auront eux empoché des intérêts substantiels (allant jusqu'à 9%!!!)

Les bonnes nouvelles ne viendront pas non plus du gouvernement qui souhaite continuer à rassurer le monde financier. Il a déjà promi de poursuivre les réformes et les cures d’austérité en établissant un calendrier qui se base sur trois piliers principaux : la compétitivité, l’emploi et la réforme de l‘État.


La sortie du tunnel est peut être visible en terme macro économique et pour les financiers, qui se sont assurés qu'ils seront remboursés, mais il y a très peu de lumière visible au bout du tunnel pour la grande majorité des portugais. 

Cette situation, similaire dans tous les pays où la Troika est intervenue, doit nous amener à nous poser la question suivante:  Que doit faire l’Europe pour offrir des conditions meilleures au portugais, mais aussi à tous les européens qui continuent à subir les effets de la crise et du sauvetage imposé du monde financier? 

mercredi 30 avril 2014

La situation en Ukraine ne s'améliore pas et Poutine se tourne vers l'Extrême droite Européenne.


Les Russes ne changent pas de cap et la situation en Ukraine se détériore et se transforme en conflit. 

L’Europe doit écouter et continuer le dialogue avec les Russes afin de trouver une solution de sortie de crise sans oublier d'intégrer les Ukrainiens autour de la table des négociations. 

Mais nous devons tous être conscients que la Russie ne dialogue pas, elle ne négocie pas, elle gagne du temps et progresse.

Après avoir annexé l’Ukraine de l’Est et du Sud, Poutine va vouloir reconstruire comme il l’appelle la « Nouvelle Russie ». Il regardera les pays baltes, la Moldavie (Transnistrie) , le Kazakhstan, le Turkménistan, etc. 

Poutine manie la force de la diplomatie, les mouvements militaires, les pressions sur les prix des hydrocarbures et les contraintes économiques. Il se joue des sanctions économiques imposées par l’occident et provoque les Etats Unis.

Les partis d’extrême droite Européens qui progressent inexorablement sont maintenant soutenus et reçus au Kremlin avec les honneurs. Poutine a trouvé des alliés de poids : Marine Le Pen en France qui devrait obtenir un succès important aux élections Européennes (désastreux pour l’image de la France), Viktor Orbán, le Premier Ministre Ultranationaliste Hongrois, les nationalistes Polonais, et les néofascistes montants aux Pays Bas et en Grèce. En aidant les partis d'extrême droite à gagner les élections et conquérir le pouvoir, Poutine souhaite déstabiliser les gouvernements actuels.  Il va jouer avec les pays du Vieux Continent comme il le fait maintenant avec l'Ukraine. Il va soutenir la révolte des peuples. Révolte qu'il voudra sociale et nationaliste. 
La propagande et la déstabilisation économique et sociale redeviennent les armes favorites de la Russie. La guerre froide est de retour! Et si quelqu'un pouvait en douter, Poutine en réaction aux sanctions annonce que "la Russie n'avait pas l'intention de poursuivre l'exploitation de la Station Spatiale Internationale (ISS) du-delà de 2020". L'escalade verbale et la communication de propagande sont en marche.

Mais attention, nous avons un problème de pouvoir entre puissances mondiales et Poutine continue à mettre minutieusement en œuvre son plan de déstabilisation.  Il annonçait le 12 décembre dernier devant le parlement : « Nous défendrons les valeurs traditionnelles, fondations spirituelles et morales de la civilisation : la famille traditionnelle, la vraie vie humaine y compris religieuse ». Ce discours peut séduire et rassembler très largement en dehors des frontières de la Russie actuelle. Entre la progression militaro-géo-politique et son discours chaque fois plus nationaliste, la Russie va devenir un voisin et un partenaire bientôt dangereux et infréquentable.   

L’Europe doit dialoguer et être ferme. Les sanctions politiques et économiques ne vont pas être suffisantes. Nous allons devoir faire la démonstration, de la capacité des Européens à défendre, par la dissuasion militaire, nos pays, les frontières de nos partenaires, nos constitutions, nos droits et nos libertés. Mais si la Russie a des problèmes (économiques, sociaux, d'identité, etc.) il faut l'écouter. Nous devons chercher toutes les opportunités d'enrayer cette escalade. L'Europe doit défendre ses valeurs et son identité, mais aussi les rendre compatibles et acceptables par les pays qui l'entourent. L'Etat de bien-être Européen tout le monde le désire, tout le mode en rêve. Si vous demandez à des étrangers, aux quatre coins du monde, où ils souhaiteraient vivre, la réponse est majoritairement en Europe. Nous pouvons donc réussir à fédérer et à convaincre. Faisons le pour l'Europe et pour la paix!!

dimanche 9 mars 2014

Attention, nous laissons grandir une dictature aux portes de l’Europe.


Ne laissons pas faire Poutine ! Ne laissons pas l’Ukraine basculer dans un conflit, qui pourrait devenir planétaire.

Il est possible de mettre en place des sanctions contre Poutine, contre ses proches, contre le système russe.

Poutine dépasse les limites de l’acceptable. Après ses massacres en Georgie et ses positions prises sur la Syrie qui ont entériné une situation d’oppression et de massacre des populations, allons nous laisser maintenant la Russie et Poutine annexer tout ou partie de l’Ukraine.

Nous vivons actuellement la crise la plus profonde et sans aucun doute la plus grave depuis la Guerre Froide et l'avant Guerre de l'ex-Yougoslavie. Ce qui se passe est dangereux pour les peuples Ukrainiens, pour l’Europe et inadmissible. Personne ne peut accepter les mouvements militaires ordonnés par Poutine pour terroriser les peuples et effrayer le monde. La présence des troupes de Poutine dans l’Est de l’Ukraine est une violation des frontières.

D’autre part, on ne peut ni envisager, ni laisser organiser un référendum en Crimée, il serait illégal et inconstitutionnel. Attention, laisser faire, ce serait laisser la porte ouverte à des referendums similaires dans d’autres régions d’Europe. Les pressions militaires et les mouvements des peuples ne doivent pas permettre des actes illégaux au regard du droit international.

Les relations de l’Europe avec la Russie doivent se durcir. Bien sur j’approuve la non présence de ministres français aux jeux paralympiques de Sotchi. C’est symbolique, mais il faut aller plus loin et très vite.

Nous devons étudier, et ne pas hésiter à appliquer des sanctions économiques significatives (gels d’avoirs, contraintes douanières, annulation de contrats, saisies de marchandises, etc.) et des actions diplomatiques (refus et retrait de visa, interdiction de mouvements, rappel des diplomates, etc).

Nous pouvons dialoguer et il faut le faire. Le dialogue est toujours la meilleure solution. Mais Poutine impose, terrorise et enfreint les lois internationales. Il adapte les lois nationales, à ses désirs et ses stratégies. Il ne respecte rien ni personne, ni ses opposants, ni les frontières, ni les peuples (Gerogie, Syrie, Ukraine, ..).

N’oublions pas que Poutine est un des anciens dirigeants du KGB (service de renseignement et d'action de l’Ex-URSS) et ancien directeur du FSB (sécurité publique). N’oublions pas comment il a su garder tous les pouvoirs alors que la constitution Russe lui interdisait de rester président. Il agit et s’impose comme un président à vie, sans foi ni loi!!

Attention cette situation venue de l’Est peut nous amener inexorablement vers un conflit aux portes même de l’Europe avec des implications et des conséquences non prévisibles et dangereuses. Guerre, exterminations, perte des libertés, etc.  L’Europe, la France et les Etats Unis doivent et peuvent agir et obtenir le respect des peuples et des lois. Ne laissons pas faire Poutine. Créons une force européenne de défense!

Michel Durrieu

dimanche 10 novembre 2013

Prostitution: faut-il pénaliser les clients? La prostitution doit elle être interdite?

La prostitution est une question de société, aussi importante et incontournable que l'est la réflexion sur la dépénalisation du cannabis ou l'acceptation et la légalisation du mariage pour tous.

On se pose maintenant la question de savoir si il faut pénaliser les clients qui ont recours à la prostitution? Mais où va-t-on ? Que font les Europeos, les socialistes, les gens qui pensent, les sociologues, les politiques ?

De vrais questions se posent, il faut y répondre et arrêter d’être hypocrite: La prostitution est-elle forcément une condition subie et dégradante? Faut-il l'abolir ou, au contraire, l'autoriser pour mieux l'encadrer?

Je souhaite vous donner mon avis et vous invite à réfléchir, ensuite, sur le sujet en lisant un excellent article de Nathalie Heinich, sociologue, publié par le monde le 8 novembre 2013.

Pour ma part je ne crois pas aux interdictions puritaines qui s’appuient sur des réflexions du type « la sexualité sans âme, sans considération de la personne, est à l’antipode de l’idéal de liberté » (Dominique Simmonet, journaliste - écrivain) ou « la prostitution dans la société d’aujourd’hui est une réalité violente et injuste, inhumaine et criminelle. Une réalité inacceptable dans la République» (Tribune signée, entre autre, par Roselyne Bachelot, Marie-George Buffet, Dominique Voynet).

Je ne crois pas à l’abolition de la prostitution et je n’y suis pas favorable. « L’urgence est d’abord de mettre fin à l’esclavage de la prostitution lorsqu’elle est imposée par des réseaux mafieux ». Mais l’abolition est une aberration, un non sens. Des personnes ont choisi librement la prostitution (hommes, femmes, hétérosexuels et/ou homosexuels) Demandons aux prostitués/ées ce qu’ils /elles pensent ? Individuellement, sans contrainte et sans apriori . Certains/es font le choix de ce métier et ne souhaitent pas en changer. Ils/elles en ont le droit. C’est aussi ça la liberté. Parce qu’il y a des trafiquants de voitures volées nous allons interdire les voitures ? Parce qu’il y a de la contrebande d’alcool aux frontières nous allons interdire les boissons alcoolisées? Parce qu’il y a des financiers mal intentionnés, allons nous interdire les banques?

Pénaliser les clients de prostitués est absurde. Il sera impossible d’appliquer la loi. Allons nous poursuivre les clients chez eux et dans les hôtels ? La prostitution volontaire et choisie n’aura d’autre option que la clandestinité. Les systèmes mafieux seront renforcés.

Il faut autoriser et contrôler la prostitution.

A vous de réfléchir!!!


Lire, ci-dessous, l'article de Nathalie Heinich (sociologue)


Une loi culpabilisante - Contre le féminisme puritain 

Tel un serpent de mer, le projet de pénalisation des clients de la prostitution vient de resurgir, à l'initiative de députés du Parti socialiste. Mû par une excellente intention - faire respecter la dignité des êtres humains, et des femmes en particulier - mais porté par des arguments inconsistants, ce projet risque fort, s'il est adopté, d'engendrer des effets opposés à ses objectifs, illustrant une fois de plus les fourvoiements d'un certain angélisme que cultive une partie de la gauche. 

Commençons par l'argument de la dignité : peut-il être légitimement opposé à la défense des libertés individuelles, notamment en matière d'exercice de la sexualité ? En l'état actuel, la loi respecte la liberté sexuelle à condition qu'elle s'exerce entre adultes consentants. La prostitution des mineurs étant déjà pénalisée, reste la question du consentement. Les défenseurs de ce projet arguent que les personnes qui se prostituent ne le font de leur plein gré qu'apparemment, y étant le plus souvent poussées par la nécessité économique ou par des traumatismes psychiques. Mais l'argument de la nécessité économique ne tient pas, ou alors il faudrait interdire toute activité rémunérée pour des raisons strictement alimentaires. Reste l'argument du traumatisme psychique, qui entraverait inconsciemment le libre arbitre en matière de sexualité. Voilà qui suppose une hypothèse lourde, à savoir qu'il faudrait protéger les prostitué(e)s contre eux (elles)-mêmes, en s'appuyant non sur l'expression de leur volonté, mais sur l'état présumé de leur inconscient. A quand donc une police d'investigation psychanalytique? Quand les défenseurs autodéclarés des prostitué(e)s daigneront-ils écouter leurs revendications, totalement opposées à une telle mesure? Continuons avec l'argument de la jurisprudence, qui pousserait à aligner la question de la prostitution sur des mesures déjà votées en matière de protection de la dignité humaine: la jurisprudence concernant le lancer de nains (spectacle qui a été interdit alors qu'il se faisait avec l'accord des intéressés), et la jurisprudence concernant le port de la burqa. Or, aucun de ces deux cas ne peut servir de fondement à une pénalisation de la prostitution, parce qu'ils concernent exclusivement l'espace public: ce qui est jugé attentatoire à la dignité dans le cas des nains, c'est la mise en spectacle (mais, dans l'intimité, ils peuvent faire ou se faire faire ce qu'ils veulent); et dans le cas des femmes au visage dissimulé, c'est la privation du statut de citoyen à part entière dans l'espace public (mais, à la maison, elles portent la tenue qu'elles veulent). En revanche, la prostitution n'a pas vocation à s'exercer en public - au contraire. Elle ne concerne donc que deux adultes a priori consentants. Exit l'argument de la dignité, sauf à interdire aussi les pratiques sadomasochistes. A quand donc une police d'investigation en chambre ?Reste l'argument de la marchandisation du corps humain comme atteinte à la dignité, commun aux partisans de la pénalisation de la prostitution et aux opposants à la gestation pour autrui (mères porteuses). Là encore, il y a tension entre deux valeurs fondamentales : la dignité, qui concerne le bien public, et la liberté individuelle, qui ne concerne que les personnes impliquées. Or la question de la marchandisation du service sexuel dans le cadre de la prostitution n'est pas assimilable à la question de la marchandisation du service procréatif dans le cadre de la GPA, parce que cette dernière ne concerne pas que la mère porteuse et les parents adoptifs : elle concerne aussi l'enfant ainsi fabriqué, et les enfants de la mère porteuse, si elle en a.Le bon sens autant que les avis des spécialistes de la petite enfance incitent à considérer que ce ne sont pas là des entités inexistantes, mais des êtres vivants, dotés d'affects et donc susceptibles d'être affectés - sans doute profondément - par l'abandon. Or rien de tel dans la prostitution : être opposé à la GPA n'implique donc pas de militer aussi pour l'interdiction de la prostitution. 
Que reste-t-il, dès lors, à l'appui de ce projet ? Rien d'autre que la force de l'éthique de conviction qui anime leurs porteurs. Mais, en politique, la sagesse incite à faire prévaloir l'éthique de responsabilité sur l'éthique de conviction; et, en l'occurrence, à écouter la voix des spécialistes, qui expliquent à quel point un cran supplémentaire dans la clandestinité exposerait les plus faibles parmi les prostitué(e)s à encore plus de vulnérabilité. 
S'il était adopté, ce projet de loi irait donc contre ses propres intentions, oubliant que l'urgence est d'abord de mettre fin à l'esclavagisme de la prostitution lorsqu'elle est imposée par des réseaux mafieux. 
Invitée en 2004 à un colloque du Parti socialiste sur " L'avenir de la France ", j'y avais proposé, afin de mettre un terme aux conditions indignes d'exercice de la prostitution, l'autorisation des bordels à condition qu'ils soient réglementés, autogérés, bien chauffés et... mixtes (égalité oblige). Ma proposition avait alors été ovationnée par une nombreuse assemblée de militants. Le Parti socialiste a-t-il donc à ce point changé en moins de dix ans? Je ne le crois pas : simplement, comme toujours, les tendances les plus radicales, comme c'est le cas, aujourd'hui, de la tendance la plus puritaine du féminisme, y parlent toujours le plus fort, et avec elles le risque du fourvoiement dans des mesures au mieux inutiles, au pire contre-productives. Espérons que les députés auront, cette fois, le bon sens d'y résister.


Et maintenant n'hésitez pas à poster vos commentaires!!!!

dimanche 1 septembre 2013

Oui il faut intervenir en Syrie, non aux guerres dans le monde!

Il faut intervenir au plus vite en Syrie pour protéger les civils de la barbarie. L’emploi d’armes chimiques relève du crime contre l’humanité.
Après deux ans de conflit, il y a déjà eu 100.000 morts selon l’ONU, 10% sont des enfants, ils sont torturés et des familles entières exécutées et massacrées.
Si il y a des preuves d’utilisation d’armes chimiques par le régime Syrien et bien sur par les opposants, aussi, nous devons intervenir avec une réaction de force. La convention sur l'interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l'usage des armes chimiques et sur leur destruction a été signée le 13 janvier 1993 à Paris et est entrée en vigueur le 29 Avril 1997. Nous ne pouvons pas fermer les yeux devant un crime avéré contre l’humanité. Nous sommes les garants de l’application de cette convention, elle a été signé chez nous en France.

Bacher el Assad a gagné du temps et a utilisé ses armes chimiques, il tue froidement et avec préméditation. Il joue avec l’occident. Son partenaire russe le pousse au crime. Poutine est dangereux il voudra peut être utiliser des armes chimique un jour ! Nous sommes des observateurs, nous finirons par être complice si nous ne faisons rien. Que fait l’Europe ? Nous n’avons pas de défense commune, ni de position commune. Nous avons financer une misérable aide humanitaire de 1,25 Milliard d’euro. Nous achetons notre bonne conscience. J’ai honte de mon Europe, comme j’ai honte de ce qu’a pu faire le gouvernement de Vichy pendant la seconde guerre mondiale. Nombreux sont ceux qui se demandent comment les peuples ont pu laisser faire Hitler, envahir, massacrer et exterminer. L’histoire se répète. On se demandera certainement dans 50 ans pourquoi nous avons laissé Bacher el Assad, tuer, gazer, et laisser plusieurs millions de syriens fuir leur pays (1 million d’enfants sont déjà des réfugiés).

Je me demande pourquoi les français sont contre une intervention ? Pourquoi 74% des sympathisants de droite sont contre (49% de sympathisant de gauche, ouf, mais c’est pas beaucoup mieux !!!)? Pourquoi ?? Ce sont les liens étroits entre la droite française et le gouvernement de Bacher El Assad, dans le passé récent, qui expliquent cet position?

Je suis contre les guerres, je suis contre la guerre, je suis pour la paix. Mais la paix il faut la défendre et il faut s’en donner les moyens. La France avec l’Europe doit avoir les moyens d’intervenir partout dans le monde. Nous avons été capable de créer les conditions pour maintenir la paix sur notre continent, il faut que nous arrivions à créer les conditions pour maintenir la paix dans le monde. L’ONU ne peut pas rester inactive pendant plusieurs mois des années face aux crimes. L’Europe doit avoir des moyens de dissuasion et d’intervention. Le coût d’un conflit ne doit pas être une excuse pour ne rien faire, malheureusement j’ai bien peur que se soit une des principale raison. Nous ne pouvons pas laisser faire parce que cela comporte un risque de pertes humaines et de conflits collatéraux. La paix coute cher et il faut savoir courir des risques pour défendre nos libertés.

Quel grand exemple que celui de l’intervention de la France au Mali. François Hollande a fait le bon choix en faisant intervenir seule la France au Mali, même si les autres pays ne voulaient pas prendre part au conflit. Le Mali était une plateforme terroriste qui mettait en danger le monde et l’Europe. Les Américains l’ont reconnu, l’ONU et l’Europe aussi, mais personne ne voulait prendre le risque d’un conflit long. Si nous n’étions pas intervenu la barbarie aurait encore frappé comme nous avons laissé massacré les hutu et les tutsi. En quelques mois le conflit est terminé et la démocratie rétablie.

Nous ne pouvons pas maintenant laisser la Syrie sombrer durablement dans l’horreur.

Si nous n’intervenons pas, les armes chimiques pourront être fabriquées et utilisées par tous les dictateurs et les criminels du monde. Même si nous n’intervenons que pour détruire les armes chimiques, nous devront juger un jour Bacher El Assad pour les crimes qu’il a commis.

Détruisons les armes chimiques et jugeons Bacher El Assad c’est notre devoir et c'est indispensable pour construire la paix future dans le monde. L'Europe doit jouer son rôle et prendre ses responsabilités

samedi 28 juillet 2012

La dictature tyrannique de la finance.

Nous vivons sous une dictature tyrannique de la finance. Cette dictature est unique dans l’histoire puisque globale et « financière ». Face à la passivité du peuple, la tyrannie touche à l’extrême. Elle s’est installée comme toutes les autres (nationales ou régionales) sans réelle résistance et avec une étrange passivité des peuples qui assistent à sa montée en puissance, à ses désastres et à ses dérives sans rien faire, sans rien dire et en arrêtant même de voter.
L’année de mon baccalauréat j’avais été fasciné par l’œuvre d’Eugène Ionesco, Rhinocéros que je vous invite à lire ou à relire. Cette pièce est une dénonciation des régimes totalitaires et une description minutieuse et imagée du phénomène de leur mise en place. Elle explique que lors de la montée de chaque mouvement politique extrême et totalitariste, initialement minoritaire, les gens sont tout d’abord effrayés. Lorsque le phénomène s’amplifie, les peuples s’habituent et deviennent passifs. La masse finit par assister.

Le libéralisme économique global qui n’a plus aucune limite, ni d’opposition depuis la chute du communisme, s’est laissé embarquer par la spirale dévastatrice du monde financier. Nous sommes en situation de régression, la masse s’appauvrit et une minorité s’enrichit.

Morin et Hesse, dans Le Chemin de l’espérance, arrivent à la conclusion que « le système planétaire est condamné à la mort ou à la métamorphose ».

Alors comment allons-nous faire tomber cette dictature pour réinventer un capitalisme, social et respectueux de l’être humain. Il nous faut d’abord bien comprendre la structure et le fonctionnement de ce régime oppressif.

Le système actuel, déviance du capitalisme social, est conçu pour vampiriser l’ensemble des revenus disponibles, détruire les couvertures sociales pour abaisser les coûts, anéantir les services publics pour enrichir le système privé, augmenter la précarité pour défendre la flexibilité, baisser les revenus pour augmenter la productivité et enfin augmenter les impôts et l’endettement privé qui ne pourra déboucher que sur une incontournable implosion sociale.

Reprenons donc quelques définitions. :

Une dictature est un régime politique dans lequel le pouvoir absolu est détenu par une personne ou par un groupe de personnes (junte) dans un domaine particulier, qui l’exercent sans contrôle, de façon autoritaire et tyrannique. Mode de gouvernement reposant sur la terreur et l’arbitraire.

Tyranniser : soumettre quelqu’un, un groupe, un peuple, à la tyrannie. Exercer une contrainte pénible sur quelqu’un.

Il ne fait aucun doute que nous vivons dans une ambiance de terreur et d’arbitraire. Les journaux économiques, les télévisions et malheureusement les technocrates relayés par les politiques clament haut et fort : « Attention le monde capitaliste s’écroule », « attention l’euro va disparaitre », « Nos banques ne peuvent plus rembourser et nos pays sont en faillite », « Notre entreprise doit être plus productive, les ratios doivent s’améliorer ou nous devrons délocaliser», « notre EBITDA (Earnings before Interest, Taxes, Depreciation, and Amortization) est insuffisant », « Nous sommes en récession le PIB décroit, nous allons perdre en pouvoir d’achat », « Le CAC 40 décroche », « Le cours du pétrole chute ou explose » !!!!!

Il y a-t-il une de ces phrases, de ces termes qui ne soit pas arbitraire? Le PIB (Produit Intérieur Brut) est il réellement un critère objectif de la richesse d’un pays, d’une qualité de vie, d’une démocratie. Est-ce que si le capitalisme actuel s’écroule nous allons réellement vivre moins bien ? L’Euro peut il vraiment disparaitre ou veut on spéculer sur cette peur ? L’objectif d’EBITDA d’une entreprise est il en accord avec l’environnement économique, avec la volonté des peuples à vivre mieux, est il seulement en cohérence avec la nécessité des entreprises pour garantir leur survivance à moyen long terme et non pas à très court terme ?

Il est donc indiscutable que le système actuel repose sur la terreur et l’arbitraire.

Mais qui provoque cette terreur et met en place cet arbitraire ? Les medias, les politiques, les actionnaires, … oui certainement ils y participent, mais ils sont des outils de la propagande… mais c’est la junte qui en décide, qui en définit les contours et qui gouverne. La junte financière, organisée autour d’un groupe minoritaire de magnas de la finance, avec comme bras armé les agences de notations et comme bras politique les bourses mondiales. Les tyrans utilisent les agences de notations pour déclencher la terreur où ils le veulent quand ils le veulent et ils utilisent les bourses pour en retirer les bénéfices maximum en toute légalité. Aucun organisme mondial ni national ne peut les contrôler. La définition de la dictature est bien appropriée, le pouvoir absolu est bien détenu par un groupe de personnes (junte financière) dans un domaine particulier, qui l’exercent sans contrôle, de façon autoritaire et tyrannique, reposant sur la terreur et l’arbitraire.

Les entreprises de notations sont des entreprises privées qui évaluent les risques et la solidité financière des pays, des banques et des entreprises. Ce sont pourtant ces mêmes entreprises et banques qui sont notées et qui en sont les actionnaires… Trois agences couvrent 90% du marché : Standard & Poor’s et Moody’s (pratiquement 80%) et Fitch (un peu plus de 10%). Pourquoi laisser un tel pouvoir à des groupes privés, sans contrôle ni limite.

Attention on en viendra peut être à des prélèvements directement opérés par les banques, destinés à rembourser les déficits des Etats à qui elles auront prêté. Le cercle vertueux est mis en place, nous ne pourrions plus y échapper. Les systèmes de prélèvements des impôts seront peut être privatisé, rachetés par les banques chargées de recouvrir la dette.

Peut-ont continuer à assister passif à l’oppression et à la tyrannie de la finance? Non nous pouvons réagir et résister. Les peuples européens (car nous sommes le premier marché mondial) doivent obliger l’UE à s’organiser, à réagir, à résister, à légiférer pour reprendre le contrôle. L’Europe doit impulser ce mouvement mondial indispensable à notre survie et à notre libération.

dimanche 14 mars 2010

L’Union Pour la Méditerranée (UPM) rentre dans sa phase active

« L’Union pour la Méditerranée (UPM) rentre dans sa phase active »

Ahamd Massa’deh (Précédemment Ambassadeur de Jordanie à Bruxelles auprès de l’UE et de l’OTAN), nommé le 27 janvier dernier, premier secrétaire général de l’Union Pour la Méditerranée (UPM) vient de s’installer au siège de Barcelone. Sa prise de fonction officielle a eu lieu, le 04 mars 2010, en présence des chefs de la diplomatie espagnole et française, des Ministres des Affaires Etrangères égyptien, Ahmed Abul Gheit et jordanien Nasser Judeh et du secrétaire général de la ligue Arabe, Amr Moussa.

L’UPM est constituée de 43 pays : 27 pays de l’UE, 12 pays* du processus de Barcelone (seul la Lybie manque à l’appel), Monaco, Croatie, Monténégro, Bosnie-Herzégovine.

Les domaines de compétences prédéfinis sont ambitieux : Environnement, Transports, Energie, Culture, Enseignement Supérieur, Recherche, Développement des entreprises.

Il est important de noter que l’UPM est l’unique forum régional de dialogue politique associant Palestiniens et Israéliens. Elle peut être amenée à jouer un rôle important dans la reprise du dialogue et dans le processus de paix.
Il faudra aussi prendre en compte le positionnement de la Turquie, pays charnière entre l’UE et les pays arabes membres de l’UPM

Le président Sarkosy profite de la coprésidence de l’UPM, France-Egypte, pour mettre en place les statuts, les instances et les personnes selon sa volonté. Il a crée une cellule de l’Elysée spécifique pour travailler sur cette phase de lancement. L’UPM est une institution qu’il veut maîtriser. Il rééquilibre les zones d’influences en intégrant les pays du Sud. Il contrebalance le poids politique et économique des pays du Nord et la place prise par les pays de l’Est.
Certes la réussite de l’UPM n’est pas garantie. Mais il existe une conjonction de circonstances qui fait que l’UPM peut devenir un espace incontournable. L’UPM peut aussi, devenir une plateforme diplomatique pour garantir la paix sur une région géopolitiquement à risques (comme ce fût le cas pour la Communauté Européenne). Elle permet aux pays arabes de développer des projets communs en collaboration avec l’UE dans un cadre équilibré et non subit. Mais l’UPM aussi permet aux pays d’Europe du Sud et en particulier à l’Espagne et à la Grèce, d’occuper une place politique et économique stratégique.
La détermination de Miguel Angel Moratinos, Ministre des Affaires Etrangères Espagnol, en est la preuve : "Ce ne sera pas facile, mais je suis sûr que nous y arriverons".

Les instances se mettent en place maintenant pour une période minimum de 2 ans. Nous devons être vigilants et actifs. Il nous faut suivre de prêt cette phase de construction, de positionnement diplomatique et de choix politiques. Soyons prudent mais regardons de prêt l’évolution de l’UPM.

Historique et situation actuelle de l’UPM:

Les chefs d’Etat et de gouvernement de 43 pays du pourtour méditerranéen et de l’union européenne, réunis en sommet à Paris le 13 juillet 2008, décidaient de mettre en œuvre un partenariat renforcé autour de la Méditerranée: L’Union pour la Méditerranée (UPM). Selon Bernard Kouchner c’est un nouveau souffle donné au processus lancé en 1995 à Barcelone.

L’UPM a pour vocation de donner un nouvel élan à la coopération méditerranéenne en introduisant une logique paritaire entre le Nord et le Sud et en promouvant une solidarité de fait via des projets concrets d’intérêt régional.

Elle est constituée de 27 Etats membres de l’UE, 12 pays du Processus de Barcelone (La Lybie n’a pas souhaité participer – 9 pays sur 12 relèvent de la politique européenne de voisinage), ainsi que Monaco, Croatie, Monténégro, Bosnie-Herzégovine.

Les Ministres des affaires étrangères de l’UPM ont arrêté, en novembre 2008, les contours de l’organisation de ce nouveau forum de coopération régionale : une coprésidence exercée par un pays de l’UE et un pays du sud pour deux ans, un secrétariat localisé á Barcelone dirigé par un Secrétaire Général (SG) issu des pays méditerranéens, 6 Secrétaires Généraux Adjoints dont, pour le premier mandat, et c’est une première historique, un Israélien et un Palestinien. Comme l’a fait remarquer Bernard Kouchner "Rien qu'avoir un secrétaire général et six adjoints entre six pays, dont un Israélien un Palestinien, qui n'avaient pas l'habitude d'être ensemble et s'affrontent durement parfois, c'est une réussite exceptionnelle".

Six domaines prioritaires ont été retenus: dépollution de la Méditerrané, Autoroutes maritimes et terrestres, protection civile, énergie de substitution et plan solaire méditerranéen, enseignement supérieur et recherche, initiative pour le développement des entreprises.

L’UPM a été paralysée plusieurs mois par les interventions militaires d’Israël contre le Hamas à Gaza entre Décembre 2008 et janvier 2009. Cette situation a entrainé la suspension de toutes les réunions formelles avec les 43 membres, mais des rencontres informelles ont permis de travailler sur les statuts du secrétariat et avancer sur la définition des projets.

La commission européenne a par ailleurs annoncé le 10 juillet 2009, pour le premier anniversaire de l’UPM, une contribution supplémentaire de 72M€ pour la période 2009-2010 en faveur des secteurs jugés prioritaires par les chefs d’Etat et de Gouvernement lors du Sommet de Paris. A titre d’exemple, sur ces deux années, 22M€ seront consacrés à la dépollution de la Méditerranée, 7,5M€ aux autoroutes de la Mer et terrestres et 5 M€ au plan Solaire.

Sur le plan institutionnel, le Secrétaire Général (SG) a été désigné par les hauts fonctionnaires le 12 janvier dernier par consensus. Les Secrétaires Généraux Adjoints (SGA) devraient être également nommés au premier semestre 2010 dès lors que la répartition sera définitive. La répartition qui pourrait être proposée est la suivante : Financement de projet : Italie ; Transports : Turquie ; Eau et Environnement : Autorité palestinienne ; Education supérieure : Israël ; Affaires sociales et construction de mesures de confiance : Maltes ; Energie : Grèce.

Les statuts du secrétariat n’ont pu être adoptés parallèlement à la désignation du SG, en raison de l’absence d’accord entre Chypre et la Turquie sur la durée de validité du mécanisme régional de nomination des SGA (3 SGA nommés par l’UE et 3 SGA nommés par les pays du Sud). Un accord devrait être rapidement trouvé.
Dès à présent, un groupe de travail composé de la Commission, du Secrétaire Général du Conseil, de la coprésidence (France – Egypte), de l’Espagne et de la Belgique, prépare les différentes étapes pour la mise en place du Secrétariat.

L’Espagne assure la présidence du Conseil de l’UE au 1er semestre 2010. A ce titre elle devrait coprésider l’UPM aux côté de la France et de l’Egypte.

L’Espagne a proposé de laisser la France assurer la coprésidence jusqu’au prochain Sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement (prévu les 6 et 7 juin 2010 à Barcelone sous présidence espagnole) et d’assumer ensuite cette coprésidence pour 2 ans. Cependant une telle décision devra faire l’objet d’un accord avec les autres Etats membres et avec le Président permanent du Conseil Européen et Mme Ashton.

Les 43 Etats membres de l’UPM ont adopté en février un programme de travail pour 2010 ambitieux qui permettra d’avancer dans les priorités d’action retenues. Au premier semestre, quatre réunions ministérielles sont confirmées : eau (Barcelone, 13-14 avril), enseignement supérieur et recherche (Brdo, Slovénie, 25-26 avril), affaires étrangères (Barcelone, 5-6 juin, à la veille du Sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement) et agriculture (Egypte, 15-16 juin). Mais pourraient s’y ajouter les ministérielles suivantes (à confirmer), énergie (Le Caire), justice (Agrigento, Italie), tourisme (Barcelone), environnement (Dubrovnik)-
*12 pays du processus de Barcelone membres de l’UPM: Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Territoires palestiniens, Syrie, Tunisie, Albanie, Mauritanie, Turquie.