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samedi 23 février 2019

Pourquoi le parti auquel j’appartiens n’a pas lancé le débat avant ?


Une personnalité politique éminente en Nouvelle-Aquitaine, lors de ses vœux à la Presse, a dit : "Je regrette que le parti auquel j'appartiens n'ait pas proposé une vision, une trajectoire de sortie de crise pour dire ce qu'est l'espérance aujourd'hui, ce qu'est l'avenir." Je vais en reprendre le sens et certaines idées.
Depuis trois ans, c’est bien la question que je me pose. Pourquoi mon parti, seul parti de gouvernement de gauche ne se pose plus les bonnes questions ? Pourquoi n’est-il plus capable d’exprimer des visions d’avenir, d’espoir, de société ? Pourquoi n’a-t-il plus de stratégie politique? Pourquoi est-il inaudible?  Où sont ces hommes et ces femmes politiques qui ont fait sa force? Où est l’âme de Jean Jaurès, de Léon Blum, de Pierre Mauroy ? Où sont les discours et les combats de François Mitterrand pour l’Europe, les libertés et le progrès social ? Qui peut défendre l’abolition de la peine de mort comme l’a fait Robert Badinter ? Qui peut avoir comme Laurent Fabius la force et le poids politique d’instaurer et d’imposer l’impôt sur les grandes fortunes alors qu’il est un jeune ministre délégué au Budget, ou convaincre le monde de signer l’accord de Paris pour le climat, l’accord sur le nucléaire avec l’Iran alors qu’il est Ministre des affaires étrangères ? Qui peut penser défendre une logique de partage du travail avec le «passage aux 35 heures», comme l’a fait Lionel Jospin avec Martine Aubry (certainement trop tôt et trop vite) ? Qui peut défendre les libertés d’expression mieux que Jack Lang qui instaurera les « radios libres » et créera les espaces d’expressions de notre culture, la fête de la musique, l’opéra Bastille, le Grand Louvre, l’Arche de la Défense, La Bibliothèque Nationale ? La liste est longue de ces combats gagnés par ces « gilets jaunes » du passé. Ils sont nombreux à avoir porté des idées et engagé les réformes débattues et construites au sein de ce grand parti de gauche que fut le PS avec Michel Rocard, Jacques Delors, Henri Emmanuelli, Jean Auroux à qui nous devons les lois travail portant son nom, Dominique Strauss-Khan, Hubert Védrine, Bernard Cazeneuve, Jean-Yves Le Drian, François Hollande. Tous ont compté et marqué l’histoire politique de ce Pays.
Ils avaient tous un point commun :  la volonté de créer une société meilleure, plus juste et plus humaine. Ils bâtissaient avec les militants et les élus la société du futur et les conditions sociales du travail dans ce futur. Ils se sont battus dans l’opposition et ont eu le courage de porter au gouvernement leurs idées et leurs projets tant locaux que nationaux.  
Mon parti a perdu sa force ! A t-il perdu les hommes et les femmes qui constituent cette ADN du combat social ? Il a perdu le sens de la réflexion qui anticipe l’avenir et donne de la force au combat. Il a perdu les raisons mêmes de son existence.
Il n’est plus qu’un parti d’opposition systématique et peu crédible, déconnecté des attentes de ses militants et des électeurs. Il ne mobilise plus les forces vives qui existent toujours dans ses rangs. Il ne fait plus rêver et ne donne plus l’espoir.
Les frondeurs ont détruit les fondations et consumé l’énergie nécessaire au nouveau combat. Ils ont détruit la confiance et fait taire ceux qui étaient encore capables de porter des messages forts. Et après avoir fait fuir les anciens et renié le parti qui les avait portés au sommet, ils ont quitté le navire et l’ont laissé sombrer dans un silence assourdissant pour rallier des mouvements en quête de populisme.
Pourtant ce parti il a une histoire, une idéologie, une culture du combat. Il a ses principes de justice et d’humanité que nous défendons et que je retrouve dans le discours de nombreux gilets jaunes qui ne croient plus aux partis. Ce parti auquel j’appartiens est pourtant toujours capable de comprendre à la fois l’entreprise et l’humain, l’urbain et le rural, l’écologie et l’économie. Capable de réfléchir pour mener la lutte contre « les inégalités » et contre « l’isolement ». Ce parti a une expérience de démocratie participative organisée dans nos territoires. Il est au contact des territoires avec des élus (Régionaux, départementaux, municipaux) qui oeuvrent et sont à l’écoute de leurs administrés. Il connait les ronds-points de France et les difficultés de gestion des budgets publics. Il doit retrouver le chemin du mouvement et prouver qu’il est vivant, ouvert et disponible. Le débat qui est en cours et le dialogue qui s’établit est une chance pour un pays démocratique. Il est aussi certainement un point de départ indispensable, au stade de rupture auquel nous sommes arrivés, pour reconstruire. Le temps est venu de retrouver le chemin de la réflexion et du débat en interne et au sein de la Gauche au risque de voir se concrétiser une alliance des extrêmes nationalistes et populistes déjà en place en Italie, en Pologne, aux Etats Unis ou au Brésil….
Les bases de notre combat commun sont connues : I/ plus de justice fiscale par une meilleure répartition de l’impôt, une meilleure redistribution des richesses vers les plus pauvres et dans la transparence II/ un accompagnement réfléchi de la transition climatique et agricole pour défendre notre environnement et notre cadre de vie III/ un soutien aux entreprises pour une meilleure compétitivité basée sur un capital humain une indépendance technologique assurée face à l’impérialisme et aux dérives possibles des grandes puissances mondiales IV/ protection des droits universels à l’éducation, à la formation et à la santé V/ un équilibre affirmé entre le monde rural et urbain V/ une « Europe puissance » pour la défense de la paix, des peuples et des territoires. Cette Europe, il faut la vouloir et la rebâtir.
Ces bases ne seront pas partagées par tous. Seuls les populistes peuvent laisser croire qu’ils pourront tout faire et répondre à toutes les attentes. Certains ne voudront pas, ou voudront moins, d’Europe. Certains ne voudront pas d’impôts nouveaux pour les plus fortunés, ni d’allègement pour les classes moyennes. D’autres voudront abandonner les politiques actives pour une transition climatique et agricole efficaces. Les plus dogmatiques demanderont la suppression des aides de l’Etat à la recherche et au développement des technologies de demain, que la formation et la santé ne soient plus financées et que la croissance de nos métropoles continue au risque de générer l’isolement des plus démunis, notamment des habitants du milieu rural…
Il faudra débattre, arbitrer et combattre. Les plus extrémistes voudront revenir sur l’abolition de la peine de mort, l’IVG, le mariage pour tous ... Il faudra que notre combat retrouve tout son sens pour défendre les acquis, bien sûr, mais aussi pour construire une autre société, celle du XXIème siècle. Et pour cela, nous devons former les jeunes aux métiers futurs, investir dans des infrastructures indispensables dans les cinquante prochaines années, créer les développements technologiques et scientifiques nécessaires et simultanément établir des règles éthiques qui seront nos outils et nos remparts.
Le mouvement des gilets jaunes est l’expression d’un malaise, d’un mal-être profond d’une société qui a perdu le sens de son histoire, de son existence et de son futur. Il y a union dans la misère, la difficulté, la désillusion ! Le rejet des partis, des élus, des syndicats et du système démocratique. Et dans ces conditions, il n’y aura pas d’union possible et stable dans les choix à faire et à venir. Des différences vont s’exprimer, des divergences vont se structurer, des visions d’avenir vont naître et s’opposer. Des mouvements vont se créer, l’expression va se structurer, des programmes vont s’élaborer et des porte-paroles vont émerger. La démocratie ne peut fonctionner qu’à ce prix. Et le vote qui est l’expression finale retrouver un sens. Les représentants élus, parce que le système représentatif sera redéfini et réaffirmé, devront aussi retrouver leur crédibilité par leurs paroles et leurs actions.
Les « partis » nouvelle génération seront aussi différents, mais ne disparaîtront pas, parce que nécessaires dans une démocratie participative nouvelle. Ils utiliseront les nouveaux moyens de communication et des lieux de partage et d’expression réinventés. Un grand chantier et un travail sur « le sens des choses » doit s’engager. Sans être excessif je crois que le parti auquel j’appartiens va retrouver le sens de son histoire, de ses racines, se nourrir des combats et des malaises actuels et redonner espoir à une « République des idées ».
Le travail n’a de sens que s’il créée de la valeur ajoutée, une vie meilleure et un environnement protégé. Nous sommes nombreux à avoir les mêmes attentes. Le combat immédiat qui doit être mené est celui de l’Europe. Ne soyons pas absents ! Démontrons notre capacité à soutenir une Europe plus forte et plus démocratique au service des peuples. Certaines idées qui s’expriment en France ces derniers mois peuvent être pensées au niveau européen alors qu’elles seront toujours difficile d’application au seul niveau national : l’impôt sur la fortune, une politique de transition climatique et agricole positive, un salaire universel, une protection susceptible de répondre aux agressions futures des nouvelles puissances mondiales.
Mais ces idées n’auront de sens que si elles sont portées par des mouvements et des représentants qui auront clairement exprimé leurs positions et leurs programmes avant d’être élus ! Bernard Cazeneuve peut être l'homme qui incarne ce mouvement, cet espoir, je le souhaite, je le lui ai dit.    

Michel Durrieu

dimanche 18 mai 2014

Portugal: sortie du tunnel ou triste réalité?

Exode des jeunes, plus de chômage, plus d’impôts et moins de couverture sociale...c'est la réalité des Portugais. 
Et pourtant, le Président de la République portugais est heureux. Le 17 Mai 2014, le Portugal a retrouvé son autonomie financière, c'est pour lui un jour historique. Et pourtant, nous devons constater que nous ne connaitrons la réalité économique et sociale du Portugal que dans un futur proche. Pour l’instant on ne peut que constater les effets de trois ans de sauvetage et de tutelle de la troïka (Fond Monétaire International, Union Européenne, Banque Centrale Européenne). Après avoir reçu un prêt de 78 milliards d’euros, un sévère plan d’austérité a été imposé au pays qui a provoqué une émigration importante et préoccupante, une augmentation sans précédant du chômage, des coupes draconiennes des aides sociales. La réalité est encore plus dure lorsque l’on constate que la pauvreté a augmenté alors que le Portugal était déjà traditionnellement l’un des pays les plus défavorisés de l’Europe occidentale.

La pression fiscale est passée de 37,1% du PIB en 2010 à 41,1% en 2013.

Le chômage même si la tendance semble s’améliorer est toujours supérieur à 15% alors qu’il n’avait jamais dépassé historiquement les 10%.

L’Etat s’est délesté de 50.000 employés en trois ans, ce qui représente une coupe de plus de 8%, il a réduit les dépenses de l'éducation de 1,1 milliard d’euros (370 millions initialement prévus).

Et l’émigration galopante est revenue au niveau des années 70 !!

Les traces laissées par le sauvetage du pays sont profondes et dures à vivre pour les portugais. Ils ne sont pas prêts à oublier cette période et ne vont pas, pour l’instant, sentir d’amélioration notable de leur quotidien. La croissance reste incertaine, la dette représente toujours près de 130% du PIB et il faudra au moins 20 ans au Portugal pour rembourser au trois quarts le prêt de 78 milliards d’euros consenti par ses créanciers qui auront eux empoché des intérêts substantiels (allant jusqu'à 9%!!!)

Les bonnes nouvelles ne viendront pas non plus du gouvernement qui souhaite continuer à rassurer le monde financier. Il a déjà promi de poursuivre les réformes et les cures d’austérité en établissant un calendrier qui se base sur trois piliers principaux : la compétitivité, l’emploi et la réforme de l‘État.


La sortie du tunnel est peut être visible en terme macro économique et pour les financiers, qui se sont assurés qu'ils seront remboursés, mais il y a très peu de lumière visible au bout du tunnel pour la grande majorité des portugais. 

Cette situation, similaire dans tous les pays où la Troika est intervenue, doit nous amener à nous poser la question suivante:  Que doit faire l’Europe pour offrir des conditions meilleures au portugais, mais aussi à tous les européens qui continuent à subir les effets de la crise et du sauvetage imposé du monde financier? 

mercredi 30 avril 2014

La situation en Ukraine ne s'améliore pas et Poutine se tourne vers l'Extrême droite Européenne.


Les Russes ne changent pas de cap et la situation en Ukraine se détériore et se transforme en conflit. 

L’Europe doit écouter et continuer le dialogue avec les Russes afin de trouver une solution de sortie de crise sans oublier d'intégrer les Ukrainiens autour de la table des négociations. 

Mais nous devons tous être conscients que la Russie ne dialogue pas, elle ne négocie pas, elle gagne du temps et progresse.

Après avoir annexé l’Ukraine de l’Est et du Sud, Poutine va vouloir reconstruire comme il l’appelle la « Nouvelle Russie ». Il regardera les pays baltes, la Moldavie (Transnistrie) , le Kazakhstan, le Turkménistan, etc. 

Poutine manie la force de la diplomatie, les mouvements militaires, les pressions sur les prix des hydrocarbures et les contraintes économiques. Il se joue des sanctions économiques imposées par l’occident et provoque les Etats Unis.

Les partis d’extrême droite Européens qui progressent inexorablement sont maintenant soutenus et reçus au Kremlin avec les honneurs. Poutine a trouvé des alliés de poids : Marine Le Pen en France qui devrait obtenir un succès important aux élections Européennes (désastreux pour l’image de la France), Viktor Orbán, le Premier Ministre Ultranationaliste Hongrois, les nationalistes Polonais, et les néofascistes montants aux Pays Bas et en Grèce. En aidant les partis d'extrême droite à gagner les élections et conquérir le pouvoir, Poutine souhaite déstabiliser les gouvernements actuels.  Il va jouer avec les pays du Vieux Continent comme il le fait maintenant avec l'Ukraine. Il va soutenir la révolte des peuples. Révolte qu'il voudra sociale et nationaliste. 
La propagande et la déstabilisation économique et sociale redeviennent les armes favorites de la Russie. La guerre froide est de retour! Et si quelqu'un pouvait en douter, Poutine en réaction aux sanctions annonce que "la Russie n'avait pas l'intention de poursuivre l'exploitation de la Station Spatiale Internationale (ISS) du-delà de 2020". L'escalade verbale et la communication de propagande sont en marche.

Mais attention, nous avons un problème de pouvoir entre puissances mondiales et Poutine continue à mettre minutieusement en œuvre son plan de déstabilisation.  Il annonçait le 12 décembre dernier devant le parlement : « Nous défendrons les valeurs traditionnelles, fondations spirituelles et morales de la civilisation : la famille traditionnelle, la vraie vie humaine y compris religieuse ». Ce discours peut séduire et rassembler très largement en dehors des frontières de la Russie actuelle. Entre la progression militaro-géo-politique et son discours chaque fois plus nationaliste, la Russie va devenir un voisin et un partenaire bientôt dangereux et infréquentable.   

L’Europe doit dialoguer et être ferme. Les sanctions politiques et économiques ne vont pas être suffisantes. Nous allons devoir faire la démonstration, de la capacité des Européens à défendre, par la dissuasion militaire, nos pays, les frontières de nos partenaires, nos constitutions, nos droits et nos libertés. Mais si la Russie a des problèmes (économiques, sociaux, d'identité, etc.) il faut l'écouter. Nous devons chercher toutes les opportunités d'enrayer cette escalade. L'Europe doit défendre ses valeurs et son identité, mais aussi les rendre compatibles et acceptables par les pays qui l'entourent. L'Etat de bien-être Européen tout le monde le désire, tout le mode en rêve. Si vous demandez à des étrangers, aux quatre coins du monde, où ils souhaiteraient vivre, la réponse est majoritairement en Europe. Nous pouvons donc réussir à fédérer et à convaincre. Faisons le pour l'Europe et pour la paix!!

dimanche 9 mars 2014

Attention, nous laissons grandir une dictature aux portes de l’Europe.


Ne laissons pas faire Poutine ! Ne laissons pas l’Ukraine basculer dans un conflit, qui pourrait devenir planétaire.

Il est possible de mettre en place des sanctions contre Poutine, contre ses proches, contre le système russe.

Poutine dépasse les limites de l’acceptable. Après ses massacres en Georgie et ses positions prises sur la Syrie qui ont entériné une situation d’oppression et de massacre des populations, allons nous laisser maintenant la Russie et Poutine annexer tout ou partie de l’Ukraine.

Nous vivons actuellement la crise la plus profonde et sans aucun doute la plus grave depuis la Guerre Froide et l'avant Guerre de l'ex-Yougoslavie. Ce qui se passe est dangereux pour les peuples Ukrainiens, pour l’Europe et inadmissible. Personne ne peut accepter les mouvements militaires ordonnés par Poutine pour terroriser les peuples et effrayer le monde. La présence des troupes de Poutine dans l’Est de l’Ukraine est une violation des frontières.

D’autre part, on ne peut ni envisager, ni laisser organiser un référendum en Crimée, il serait illégal et inconstitutionnel. Attention, laisser faire, ce serait laisser la porte ouverte à des referendums similaires dans d’autres régions d’Europe. Les pressions militaires et les mouvements des peuples ne doivent pas permettre des actes illégaux au regard du droit international.

Les relations de l’Europe avec la Russie doivent se durcir. Bien sur j’approuve la non présence de ministres français aux jeux paralympiques de Sotchi. C’est symbolique, mais il faut aller plus loin et très vite.

Nous devons étudier, et ne pas hésiter à appliquer des sanctions économiques significatives (gels d’avoirs, contraintes douanières, annulation de contrats, saisies de marchandises, etc.) et des actions diplomatiques (refus et retrait de visa, interdiction de mouvements, rappel des diplomates, etc).

Nous pouvons dialoguer et il faut le faire. Le dialogue est toujours la meilleure solution. Mais Poutine impose, terrorise et enfreint les lois internationales. Il adapte les lois nationales, à ses désirs et ses stratégies. Il ne respecte rien ni personne, ni ses opposants, ni les frontières, ni les peuples (Gerogie, Syrie, Ukraine, ..).

N’oublions pas que Poutine est un des anciens dirigeants du KGB (service de renseignement et d'action de l’Ex-URSS) et ancien directeur du FSB (sécurité publique). N’oublions pas comment il a su garder tous les pouvoirs alors que la constitution Russe lui interdisait de rester président. Il agit et s’impose comme un président à vie, sans foi ni loi!!

Attention cette situation venue de l’Est peut nous amener inexorablement vers un conflit aux portes même de l’Europe avec des implications et des conséquences non prévisibles et dangereuses. Guerre, exterminations, perte des libertés, etc.  L’Europe, la France et les Etats Unis doivent et peuvent agir et obtenir le respect des peuples et des lois. Ne laissons pas faire Poutine. Créons une force européenne de défense!

Michel Durrieu

dimanche 1 septembre 2013

Oui il faut intervenir en Syrie, non aux guerres dans le monde!

Il faut intervenir au plus vite en Syrie pour protéger les civils de la barbarie. L’emploi d’armes chimiques relève du crime contre l’humanité.
Après deux ans de conflit, il y a déjà eu 100.000 morts selon l’ONU, 10% sont des enfants, ils sont torturés et des familles entières exécutées et massacrées.
Si il y a des preuves d’utilisation d’armes chimiques par le régime Syrien et bien sur par les opposants, aussi, nous devons intervenir avec une réaction de force. La convention sur l'interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l'usage des armes chimiques et sur leur destruction a été signée le 13 janvier 1993 à Paris et est entrée en vigueur le 29 Avril 1997. Nous ne pouvons pas fermer les yeux devant un crime avéré contre l’humanité. Nous sommes les garants de l’application de cette convention, elle a été signé chez nous en France.

Bacher el Assad a gagné du temps et a utilisé ses armes chimiques, il tue froidement et avec préméditation. Il joue avec l’occident. Son partenaire russe le pousse au crime. Poutine est dangereux il voudra peut être utiliser des armes chimique un jour ! Nous sommes des observateurs, nous finirons par être complice si nous ne faisons rien. Que fait l’Europe ? Nous n’avons pas de défense commune, ni de position commune. Nous avons financer une misérable aide humanitaire de 1,25 Milliard d’euro. Nous achetons notre bonne conscience. J’ai honte de mon Europe, comme j’ai honte de ce qu’a pu faire le gouvernement de Vichy pendant la seconde guerre mondiale. Nombreux sont ceux qui se demandent comment les peuples ont pu laisser faire Hitler, envahir, massacrer et exterminer. L’histoire se répète. On se demandera certainement dans 50 ans pourquoi nous avons laissé Bacher el Assad, tuer, gazer, et laisser plusieurs millions de syriens fuir leur pays (1 million d’enfants sont déjà des réfugiés).

Je me demande pourquoi les français sont contre une intervention ? Pourquoi 74% des sympathisants de droite sont contre (49% de sympathisant de gauche, ouf, mais c’est pas beaucoup mieux !!!)? Pourquoi ?? Ce sont les liens étroits entre la droite française et le gouvernement de Bacher El Assad, dans le passé récent, qui expliquent cet position?

Je suis contre les guerres, je suis contre la guerre, je suis pour la paix. Mais la paix il faut la défendre et il faut s’en donner les moyens. La France avec l’Europe doit avoir les moyens d’intervenir partout dans le monde. Nous avons été capable de créer les conditions pour maintenir la paix sur notre continent, il faut que nous arrivions à créer les conditions pour maintenir la paix dans le monde. L’ONU ne peut pas rester inactive pendant plusieurs mois des années face aux crimes. L’Europe doit avoir des moyens de dissuasion et d’intervention. Le coût d’un conflit ne doit pas être une excuse pour ne rien faire, malheureusement j’ai bien peur que se soit une des principale raison. Nous ne pouvons pas laisser faire parce que cela comporte un risque de pertes humaines et de conflits collatéraux. La paix coute cher et il faut savoir courir des risques pour défendre nos libertés.

Quel grand exemple que celui de l’intervention de la France au Mali. François Hollande a fait le bon choix en faisant intervenir seule la France au Mali, même si les autres pays ne voulaient pas prendre part au conflit. Le Mali était une plateforme terroriste qui mettait en danger le monde et l’Europe. Les Américains l’ont reconnu, l’ONU et l’Europe aussi, mais personne ne voulait prendre le risque d’un conflit long. Si nous n’étions pas intervenu la barbarie aurait encore frappé comme nous avons laissé massacré les hutu et les tutsi. En quelques mois le conflit est terminé et la démocratie rétablie.

Nous ne pouvons pas maintenant laisser la Syrie sombrer durablement dans l’horreur.

Si nous n’intervenons pas, les armes chimiques pourront être fabriquées et utilisées par tous les dictateurs et les criminels du monde. Même si nous n’intervenons que pour détruire les armes chimiques, nous devront juger un jour Bacher El Assad pour les crimes qu’il a commis.

Détruisons les armes chimiques et jugeons Bacher El Assad c’est notre devoir et c'est indispensable pour construire la paix future dans le monde. L'Europe doit jouer son rôle et prendre ses responsabilités

samedi 28 juillet 2012

La dictature tyrannique de la finance.

Nous vivons sous une dictature tyrannique de la finance. Cette dictature est unique dans l’histoire puisque globale et « financière ». Face à la passivité du peuple, la tyrannie touche à l’extrême. Elle s’est installée comme toutes les autres (nationales ou régionales) sans réelle résistance et avec une étrange passivité des peuples qui assistent à sa montée en puissance, à ses désastres et à ses dérives sans rien faire, sans rien dire et en arrêtant même de voter.
L’année de mon baccalauréat j’avais été fasciné par l’œuvre d’Eugène Ionesco, Rhinocéros que je vous invite à lire ou à relire. Cette pièce est une dénonciation des régimes totalitaires et une description minutieuse et imagée du phénomène de leur mise en place. Elle explique que lors de la montée de chaque mouvement politique extrême et totalitariste, initialement minoritaire, les gens sont tout d’abord effrayés. Lorsque le phénomène s’amplifie, les peuples s’habituent et deviennent passifs. La masse finit par assister.

Le libéralisme économique global qui n’a plus aucune limite, ni d’opposition depuis la chute du communisme, s’est laissé embarquer par la spirale dévastatrice du monde financier. Nous sommes en situation de régression, la masse s’appauvrit et une minorité s’enrichit.

Morin et Hesse, dans Le Chemin de l’espérance, arrivent à la conclusion que « le système planétaire est condamné à la mort ou à la métamorphose ».

Alors comment allons-nous faire tomber cette dictature pour réinventer un capitalisme, social et respectueux de l’être humain. Il nous faut d’abord bien comprendre la structure et le fonctionnement de ce régime oppressif.

Le système actuel, déviance du capitalisme social, est conçu pour vampiriser l’ensemble des revenus disponibles, détruire les couvertures sociales pour abaisser les coûts, anéantir les services publics pour enrichir le système privé, augmenter la précarité pour défendre la flexibilité, baisser les revenus pour augmenter la productivité et enfin augmenter les impôts et l’endettement privé qui ne pourra déboucher que sur une incontournable implosion sociale.

Reprenons donc quelques définitions. :

Une dictature est un régime politique dans lequel le pouvoir absolu est détenu par une personne ou par un groupe de personnes (junte) dans un domaine particulier, qui l’exercent sans contrôle, de façon autoritaire et tyrannique. Mode de gouvernement reposant sur la terreur et l’arbitraire.

Tyranniser : soumettre quelqu’un, un groupe, un peuple, à la tyrannie. Exercer une contrainte pénible sur quelqu’un.

Il ne fait aucun doute que nous vivons dans une ambiance de terreur et d’arbitraire. Les journaux économiques, les télévisions et malheureusement les technocrates relayés par les politiques clament haut et fort : « Attention le monde capitaliste s’écroule », « attention l’euro va disparaitre », « Nos banques ne peuvent plus rembourser et nos pays sont en faillite », « Notre entreprise doit être plus productive, les ratios doivent s’améliorer ou nous devrons délocaliser», « notre EBITDA (Earnings before Interest, Taxes, Depreciation, and Amortization) est insuffisant », « Nous sommes en récession le PIB décroit, nous allons perdre en pouvoir d’achat », « Le CAC 40 décroche », « Le cours du pétrole chute ou explose » !!!!!

Il y a-t-il une de ces phrases, de ces termes qui ne soit pas arbitraire? Le PIB (Produit Intérieur Brut) est il réellement un critère objectif de la richesse d’un pays, d’une qualité de vie, d’une démocratie. Est-ce que si le capitalisme actuel s’écroule nous allons réellement vivre moins bien ? L’Euro peut il vraiment disparaitre ou veut on spéculer sur cette peur ? L’objectif d’EBITDA d’une entreprise est il en accord avec l’environnement économique, avec la volonté des peuples à vivre mieux, est il seulement en cohérence avec la nécessité des entreprises pour garantir leur survivance à moyen long terme et non pas à très court terme ?

Il est donc indiscutable que le système actuel repose sur la terreur et l’arbitraire.

Mais qui provoque cette terreur et met en place cet arbitraire ? Les medias, les politiques, les actionnaires, … oui certainement ils y participent, mais ils sont des outils de la propagande… mais c’est la junte qui en décide, qui en définit les contours et qui gouverne. La junte financière, organisée autour d’un groupe minoritaire de magnas de la finance, avec comme bras armé les agences de notations et comme bras politique les bourses mondiales. Les tyrans utilisent les agences de notations pour déclencher la terreur où ils le veulent quand ils le veulent et ils utilisent les bourses pour en retirer les bénéfices maximum en toute légalité. Aucun organisme mondial ni national ne peut les contrôler. La définition de la dictature est bien appropriée, le pouvoir absolu est bien détenu par un groupe de personnes (junte financière) dans un domaine particulier, qui l’exercent sans contrôle, de façon autoritaire et tyrannique, reposant sur la terreur et l’arbitraire.

Les entreprises de notations sont des entreprises privées qui évaluent les risques et la solidité financière des pays, des banques et des entreprises. Ce sont pourtant ces mêmes entreprises et banques qui sont notées et qui en sont les actionnaires… Trois agences couvrent 90% du marché : Standard & Poor’s et Moody’s (pratiquement 80%) et Fitch (un peu plus de 10%). Pourquoi laisser un tel pouvoir à des groupes privés, sans contrôle ni limite.

Attention on en viendra peut être à des prélèvements directement opérés par les banques, destinés à rembourser les déficits des Etats à qui elles auront prêté. Le cercle vertueux est mis en place, nous ne pourrions plus y échapper. Les systèmes de prélèvements des impôts seront peut être privatisé, rachetés par les banques chargées de recouvrir la dette.

Peut-ont continuer à assister passif à l’oppression et à la tyrannie de la finance? Non nous pouvons réagir et résister. Les peuples européens (car nous sommes le premier marché mondial) doivent obliger l’UE à s’organiser, à réagir, à résister, à légiférer pour reprendre le contrôle. L’Europe doit impulser ce mouvement mondial indispensable à notre survie et à notre libération.

mardi 19 juillet 2011

L’Europe doit décriminaliser le cannabis

En France on compte environ 4 à 5 millions de consommateurs occasionnels et 500.000 à 1 million de consommateurs fréquents. 60% des jeunes déclarent avoir essayé et 40% d’entre eux l’avoir fait parce que c’est interdit.

C’est donc bien un phénomène de société. Il faut l’observer, l’analyser, le comprendre, s’adapter, l’encadrer et si il le faut le contrôler mais certainement pas l’interdire. La prohibition n’a jamais marché.
Les enjeux sont à la fois sanitaires, économiques, politiques, culturels et philosophiques. Pourtant, les Etats de l’Union Européenne n’ont pas encore réfléchi à une politique commune : de prévention, d’encadrement de la consommation et encore moins de contrôle de la distribution.

Mais si l’on veut faire une analyse complète et formuler les bonnes réponses on ne peut continuer plus longtemps à ignorer les causes majeures de l’immobilisme actuel. Le trafic de cannabis est une économie globale majeure, évaluée par l’ONU à plus de 142 milliards de dollars. Certains pays comme le Mexique ou le Maroc dépendent tout autant du trafic de drogues que du tourisme ou de l’agriculture. En Europe le trafic de drogues s’est emparé des quartiers défavorisés, des « banlieues ». En France, il est devenu le « business » des cités. Les classes aisées et moyennes consomment et les classes défavorisées trafiquent. Ce trafic qui est évalué à plusieurs centaines de millions d’euros maintient sous perfusion nos cités. Nos grandes malades des temps modernes. On injecte l’argent sale, là où les pouvoirs publics ont décidés de ne plus investir. On ne contrôle plus ces quartiers qui sont laissés à la dérive après avoir retiré la police de proximité et constaté l’échec de la répression spectacle de Monsieur Sarkozy comme Ministre de l’Intérieur et comme Président de la République. On peut se poser la question du pourquoi les jeunes des cités devraient faire des études et travailler ? En trafiquant ils peuvent s’acheter « des fringues de marques et rouler en Porche Cayenne ». La République ne leur offre comme perspective, dans le meilleur des cas, des métiers non qualifiés, non valorisés par la société et que personne ne veut et dans le pire des cas le chômage ou le RMI.

Il faut donc rapidement décriminaliser l’usage du cannabis comme le préconise le syndicat de la magistrature. Cependant nous sommes nombreux à penser que l’Etat doit contrôler la vente et l’organiser. Légaliser la vente et la consommation ne veut pas dire dépénaliser. Il faut éradiquer le trafic en contrôlant la production et en fixant les prix. Nous devons aussi accentuer la prévention comme nous le faisons pour le tabac et l’alcool pour en limiter la consommation et éviter l’accoutumance.

En parallèle il faudra répondre à la détresse des cités, si nous ne voulons pas qu’elles se tournent vers d’autres trafics mafieux : grand banditisme, cocaïne, racket, prostitution, etc. Nous devrons immédiatement investir massivement pour relancer les structures éducatives, la police de proximité, créer des emplois qualifiés, mais aussi et surtout faire respecter les règles de la République. Réinjectons dans les cités l’argent dépensé inutilement dans prohibition et taxons la vente.

L’Europe elle aussi doit être un acteur de cohésion. Elle doit prendre l’initiative et homogénéiser et imposer des politiques communes : de prévention, de contrôle et de vente. Si elle ne le fait nous déplacerons les problèmes d’un pays vers un autre. L’Europe, les Etats, les politiques doivent s’adapter et montre qu’ils ont compris le phénomène. S’ils ne le font pas ils s’éloigneront encore un peu plus des citoyens européens qui chaque jour seront un peu plus des « Europeos indignados ».

samedi 26 février 2011

Quel avenir pour les pays sud-méditerranéens?

Il ne fait plus aucun doute que nous vivons un instant historique comme le fut la révolution française, la libération de l’oppression nazie ou la chute du mur de Berlin. Un vent de liberté souffle sur les pays sud-méditerranéens.

Mais, il est choquant de constater que nous sommes spectateurs. Nous n’avons pas aidé les peuples à se soulever. Nous n’avons rien anticipé ni préparé. Quel est notre vision, notre plan de soutien pour aider dans le futur le Maghreb et le Moyen Orient? Il existe un vide politique, philosophique, culturel. L’UE envisage des sanctions pour la Libye et travaille sur le financement de l’accueil des réfugiés qui affluent des pays libérés. L’ONU exclu l’ambassadeur de Libye et s’émeut de la situation. L’OTAN réfléchie. Notre position passive et bienveillante, depuis des décennies, face aux régimes dictatoriaux, autocratiques, non démocratiques de ces pays nous a amené à « omettre » de travailler sur une possible transition. Aucun plan de soutien pour construire une démocratie durable régionale n’existe.
Qu’elle est et qu’elle doit être la position de la France, de l'Europe? Que se serait-il passé si le général De Gaulle n’avait pas anticipé la « France Libre » et si Helmut Koll et François Mitterrand n’avaient pas réagi immédiatement pour réunifier l’Allemagne et ouvrir l’Europe. Les Américains auraient installé leur puissance politique, militaire et économique au détriment de certaines libertés nationale et européennes. Aujourd’hui doivent émerger les grands hommes qui seront le symbole de cette transition. Dénoncer les dictateurs déchus ou sur le point de tomber, tout le monde le fait. Soutenir les peuples qui se soulèvent pour défendre leurs libertés, c'est un minimum. Pourquoi ne l’a-t-on pas fait avant ? Il a fallu attendre des centaines de morts en Libye, pour qu’Obama et nos dirigeants Européens critiquent ouvertement le raïs Kadhafi. Il y encore quelques mois il était reçu avec faste pour signer des contrats d’armement et d’équipement. Il fallait choisir entre défense des libertés des peuples et sources d’approvisionnements énergétiques. Entre diplomatie aveugle et démocratie ? Entre économie de marché et défense des droits de l’homme. Malheureusement l’histoire nous montrera que nous les occidentaux, défendeurs des libertés, nous avons laissé en place des tyrans pour notre stabilité et notre bien être.
Mais à cet instant précis de l’histoire, le plus grave, c’est qu’il n’existe aucune projection d’aucun parti politique ni en France ni ailleurs pour créer l’espoir et stabiliser cette partie du monde. L’attentisme est de rigueur : il ne faut pas froisser les dictateurs non encore déchus, il ne faut pas anticiper au risque de se tromper, il ne faut pas intervenir parce que notre histoire coloniale est encore trop présente dans les esprits, il ne faut pas mettre en péril nos économies en risquant de déstabiliser nos approvisionnements énergétiques. Quelle hypocrisie, quel déni politique. Les peuples libérés ont toujours eut besoin d’aide et de leader. Les philosophes avaient pensé la révolution et la république française. De Gaulle a incarné la France libre et a pu reconstruire une France indépendante grâce au plan Marshall. Les pays de l'Est avaient comme avenir d'intégrer l'Europe pour mieux vivre et les allemands de l’Est pouvaient rêver de la réunification. Après la chute du mur de Berlin nous savions que sur du long terme nous allions pouvoir stabiliser la zone. Pourtant nous avons laissé se déclencher la guerre des Balkans et certains pays ont encore du mal à défendre leurs libertés.
Les pays du sud de la méditerranée n'ont rien. Aucune perspective, aucun soutien, aucune structure à laquelle se rattacher et vers laquelle se rapprocher.
Il serait criminel de les laisser à la dérive à la recherche d'une liberté non réfléchie. Nous ne déboucherions que sur l'éclosion de régimes religieux, sur des conflits ethniques, sur des guerres régionales et nous ouvririons la voie à l’interventionnisme Américain. L'Europe a un rôle à jouer, la France doit être présente pendant cette transition. Nous ne pouvons pas une fois de plus laisser les Américains choisir et agir. Après l’Irak et l’Afghanistan allons-nous laisser le Moyen orient et le Maghreb devoir choisir entre la surpuissance américaine et l’islamisme intégriste.
Faisons de l’Union Euro Méditerranée, démocratique, libre et laïque une réalité, politique, économique, culturelle. Une union des peuples pour la paix et pour une société plus juste et plus sûre.

lundi 6 septembre 2010

Sommes-nous égaux face à la santé?

Détection et traitement du cancer, soins palliatifs, obésité, prévention et traitement du SIDA, accès aux meilleurs diagnostics et traitements, prix à payer pour les soins, droit de mourir dans la dignité… Comment pouvons-nous réduire les injustices face à la santé ? Quelle politique de santé Européenne voulons-nous?

Dans les enquêtes d'opinion, les citoyens européens placent la santé et la qualité des soins parmi leurs premières préoccupations.
Le domaine de la santé publique relève de la compétence des Etats membres, chaque pays conserve son propre système de santé et de protection sociale. Il est toutefois apparu nécessaire au fil des années que des actions soient menées au niveau communautaire, en complément des politiques nationales.

La santé est un débat de société structurant au même titre que l’éducation, la défense, le social, la monnaie unique… Il ne peut pas y avoir d’Union européenne forte et solidaire sans politique de santé commune.
Afin de bâtir un projet communautaire ambitieux, qui viserait à améliorer le fonctionnement et l’accès de tous à un meilleur système de santé, il nous faut faire un arrêt sur image, connaître l’historique européen et faire un état des lieux de la situation actuelle.

L’ambition d’une harmonisation des systèmes sociaux et de santé n’était pas absente de l’esprit des pères fondateurs de l’union. L'article 42 du Traité de Rome (1958) prévoyait un mécanisme permettant d'assurer aux travailleurs migrants et à leurs ayants droit : "la totalisation, pour l'ouverture et le maintien du droit aux prestations, ainsi que pour le calcul de celles-ci, de toutes périodes prises en considération par les différentes législations nationales, le paiement des prestations aux personnes résidant sur les territoires des Etats membres". En application de cet article, le règlement 1408/71 organise le régime juridique applicable aux travailleurs migrants pour assurer la libre circulation de ces derniers et leur garantir un accès aux prestations. Le texte subordonne le remboursement de soins à la délivrance d'une autorisation préalable par l'administration du pays d'affiliation de l'assuré. Cette disposition vise à contrôler les flux de patients au sein des pays de la Communauté. Cet article n’avait pour but que de faciliter, le principe de libre circulation des personnes et de libres prestations des services, condition nécessaire à la réalisation du marché unique. Il a impliqué une nécessaire coordination des systèmes de sécurité sociale au sein de la Communauté. Cette avancée sociale dans le domaine de la santé a été uniquement obtenue dans le but de lever une barrière au développement économique en favorisant la libre circulation des travailleurs européens. Cependant cet article sera le fondement de la politique de Santé Européenne future.

En 1987, la santé fait son entrée dans l'Acte unique européen puis est confirmée dans le Traité de Maastricht en 1992, et développée dans l'article 152 du Traité d'Amsterdam de 1997 qui attribue comme objectif à l'Union européenne "d'améliorer la santé publique, de prévenir les maladies, de favoriser la recherche et d'informer le public". De plus, l’article 137.1 dispose que "la Communauté soutient et complète l’action des Etats membres" en matière de protection sociale. Enfin, l'ensemble des politiques communautaires doit désormais prendre en compte les exigences en matière de santé publique.
En 1999, la Commission et le Conseil soulignent que le fait d'assurer des soins de santé, durables et de qualité, constitue l'un des principaux domaines de la protection sociale dans lesquels un effort concerté de modernisation s’avère nécessaire.

Cependant, le Traité de Nice, en 2001, par l’article 137 alinéa 4, consacre "la faculté reconnue aux Etats membres de définir les principes fondamentaux de leur système de sécurité sociale". Nous nous retrouvons ainsi dans une situation paradoxale, dans laquelle la bonne gestion des systèmes de santé relève de la pleine compétence des Etats Membres, et ce alors que les instances européennes ont consacrés ce domaine comme un terrain, si ce n’est d’intervention, pour le moins de coordination.

En mars 2002, le Conseil européen de Barcelone adopte trois principes fondamentaux pour la réforme des systèmes de soins: l'accessibilité pour tous à une haute qualité des soins, et une viabilité financière à long terme des systèmes nationaux. Il souligne également que tous les systèmes de santé de l'Union européenne reposent sur les principes de solidarité, d'équité et d'universalité. Le conseil de Barcelone lance ainsi le projet de la carte européenne d'assurance maladie, conçue pour remplacer tous les formulaires papier qui prévalaient jusqu’alors dans chaque pays européens.

En avril 2004, La Commission européenne commence à promouvoir une collaboration plus étroite entre les Etats membres en matière de modernisation des systèmes de protection sociale à travers l'UE, en lien notamment avec l'élargissement de l’UE aux 10 nouveaux entrants.

En 2008, le Traité de Lisbonne Article 95 – souligne que « toute personne a le droit d’accéder à la prévention en matière de santé et de bénéficier de soins médicaux dans les conditions établies par les législations et pratiques nationales ». Un niveau élevé de protection de la santé humaine est ainsi assuré dans la définition et la mise en œuvre de toutes les politiques et actions de l’Union, quelque soit le pays de résidence des citoyens européens.

Nous constatons ainsi que malgré une évolution positive au sein des traités et des politiques, le bilan en termes de résultats s’avère pour le moment minimaliste. Les textes prévoient les modalités d’une coopération européenne accrue dans l’objectif d’harmoniser les systèmes de santé autour de principes de qualité et d’égalité d’accès. Or nous en sommes encore loin, principalement du fait des compétences pleines et entières des Etats membres dans ce domaine.

Nous n’avons pas toujours su articuler réponses nationales et solutions européennes alors que, au moins pendant un certain temps, une majorité de pays était gouvernée par des gouvernements de gauche qui érigeaient la santé publique au rang de priorité.

La santé aurait pu être prioritaire et une réelle politique de coopération mise en place au sein de la communauté européenne. Même si il semble y avoir une volonté commune de progresser dans ce domaine afin d’assurer une meilleure protection pour tous, les politiques de santé sont majoritairement resté de la compétence des Etats. Outre quelques aménagements, notamment à l’égard des citoyens se déplaçant dans un autre pays européen, il n’y a, pour l’heure pas eu de volonté politique de bâtir une stratégie commune. Les budgets alloués à la coopération dans le domaine de la santé restent insuffisants pour mettre en place une politique ambitieuse et efficace.

Nous nous limitons à une stratégie européenne de concertation pour faciliter plus avant la circulation des patients et des professionnels, simplifier les procédures et améliorer l'accès aux soins transfrontaliers et la qualité de ceux-ci. Mais nous ne sommes pas encore arrivés à définir et à garantir un certain niveau de soins à dispenser aux patients dans tous les États membres de l'Union quelque soit leur nationalité et leur lieu de résidence.

Le niveau des services de santé ne sont pas les mêmes en Pologne, en Espagne, en France ou en Angleterre. Nous savons tous qu’il existe des disparités de moyens financiers alloués, de capacités d’accueil des infrastructures, de formations, d’expertises…
Les systèmes de santé ne sont en rien comparables. Les structures privées et publiques ne sont pas homogènes d’un pays à un autre, d’une région à une autre, en milieu urbain ou en milieu rural. Le problème de la démographie médicale n’est pas traité à la hauteur des enjeux et les réponses proposées diffèrent d’un pays à l’autre. La répartition territoriale des professionnels de santé et des moyens est inégale.

Les remboursements des soins sont pratiquement illimités dans certains pays et inexistants dans d’autres. A titre d’exemple, nous pouvons attendre plusieurs semaines pour un examen en Espagne dans le secteur public et être reçu immédiatement dans une infrastructure privée. On peut se faire opérer en France et être sur une liste d’attente interminable en Angleterre. Les exemples de disparités sont nombreux et inacceptables.

En Espagne le service public, bien que d’un excellent niveau, est totalement saturé et sous équipé en terme de capacité d’accueil. Le système de Santé « privé» est réservé exclusivement aux bénéficiaires d’une mutuelle privée. La sécurité sociale ne rembourse aucun soin du secteur privé et les mutuelles ne couvrent pas les soins suivis dans le public. Les mutuelles ne sont pas des « complémentaires » mais des substituts. Ceux qui ont les moyens accèdent au secteur privé, les autres ne peuvent y prétendre. L’injustice est flagrante, elle peut être mortelle.

Il y a plusieurs niveaux de couvertures de santé par pays et autant de politiques de santé qu’il y a d’Etat membre dans l’union.

Depuis ces dernières années, le fait de faciliter la circulation des patients a eu pour conséquence de développer le marché du tourisme de santé. Il est devenu lucratif et il s’organise. La santé est devenue un marché concurrentiel. Un allemand va en Hongrie pour ses soins dentaires, un anglais s’il en a les moyens se rend en France pour se faire opérer plus vite. Les exemples sont nombreux. Pour avoir une couverture maximale, au meilleur prix, il faut avoir les moyens de payer, être informé et être mobile. L’injustice est totale. Les moyens financiers couplés au niveau d’information détenus par les patients sont déterminants dans la pratique qu’ils vont avoir des soins médicaux. La santé est traitée comme une marchandise ou il faut garantir le libre échange et promouvoir la concurrence. Pourtant, la Santé n’est cependant pas une marchandise ni un service comme un autre et ne doit pas être considéré comme tel. La santé doit être solidaire, efficace et universelle.

Il ne fait aucun doute que les Européens ne sont pas égaux face à la maladie. Au sein d’un même pays des disparités importantes existent, entre zones urbaines et zones rurales, entre un ouvrier et un cadre supérieur, entre celui qui a une mutuelle et celui qui n’en a pas les moyens,, entre celui qui connait un médecin et celui qui n’a aucun contact avec le monde hospitalier. La liste des injustices est longue. Ne laissons pas de nouvelles injustices apparaitre et essayons de faire disparaître celles qui existent. N’ayons pas peur d’imposer une couverture santé minimale en Europe. Ne laissons pas les Etats céder au secteur privé et à ses divers acteurs (laboratoires pharmaceutiques, fonds de pension détenant les cliniques, lobby industriel…) l’ensemble de la filière santé et osons redonner de manière efficace au secteur public les moyens dont il a besoin pour parfaire ces prérogatives au mieux. Ne laissons pas démanteler les services publics existants. Garantissons une couverture territoriale homogène sur l’ensemble des 27 Etats membres. La prise en charge des soins et des malades doit être une priorité pour l’Europe. Elle doit investir massivement des fonds spécifiques et structurels. Nous devons établir des critères de convergences et faire évoluer la couverture santé vers le haut. Il nous faut défendre un interventionnisme Européen.

Malheureusement, la présidence Espagnole de l’Union européenne (1º semestre 2010) n’a pas permis de grandes avancées, excepté dans le domaine des dons d’organes, et sur la volonté d’établir une nouvelle directive sur la pharmacologie, accompagnée d'un règlement renforçant la transparence, le contrôle et la communication sur la sécurité des médicaments.
La présidence espagnole de l’Union européenne, soucieuse de faire progresser la proposition de Directive sur la mobilité des patients, n’a fait que répondre aux inquiétudes des Etats membres du sud de l’Europe. En effet ces derniers ne souhaitaient pas devoir supporter le coût des soins de santé transfrontaliers de ressortissants d’autres Etats membres venus s’installer au soleil à l’âge de la retraite. En l’occurrence, ce sera à la sécurité sociale française et non à l’institution espagnole de prendre en charge les coûts des soins hospitaliers en France d’un retraité français installé en Espagne. Cet accord ne clarifie et n’améliore en rien les droits des patients. En particulier, il continu à ignorer la situation des patients seuls et âgés, résidants dans un pays européen, souhaitant subir une opération chirurgicale ou suivre un traitement hospitalier à proximité de leur famille en France.

Les Etats membres doivent être en mesure d’écarter tout protectionnisme et de défendre l’idée d’une Europe solidaire. La communauté doit promouvoir et garantir les transferts de moyens (matériels, technologiques et humains) et des savoir-faire. Il doit exister une volonté commune pour assurer le droit à la santé de qualité pour tous les citoyens européens.
Michel Durrieu